Le concept d’« islamophobie », lancé par les mollahs iraniens, est désormais appliqué à tout contestataire de l’intégrisme.
Ne pas confondre islamophobes et laïcs
Par Fiammetta VENNER et Caroline FOUREST [1]
lundi 17 novembre 2003
Les opposants au voile sont traités de « croisés de la laïcité » voire « d’ayatollahs de la laïcité » tandis que les militants intégristes de l’UOIF sont invités sur tous les plateaux télé.
Le débat sur les signes distinctifs religieux à l’école est en passe d’être piégé par les mots. Certains journalistes, quelques sociologues et maintenant des associations accusent de plus en plus souvent les défenseurs de la laïcité d’être des « islamophobes », des « intégristes de la laïcité » voire même des « ayatollahs de la laïcité » (sic). Ces expressions ne sont malheureusement pas isolées. Elles font partie d’un continuum qui tend à disqualifier les partisans de la laïcité en les faisant passer pour des fanatiques ou des racistes. Ce qui n’est pas le moindre des renversements pour désigner des partisans des droits de l’homme, luttant contre l’obscurantisme et son lot de haine discriminante.
Parmi ces mots portant à confusion, le mot « islamophobie » est aujourd’hui très largement repris, du Mrap à Jean-Pierre Raffarin, et plus maladroitement encore par Claude Imbert du Point. Il est dans l’air d’un temps où l’on s’obstine à vouloir réduire la question du racisme et de l’intégration à une question confessionnelle, comme si tous les Français originaires du Maghreb étaient musulmans pratiquants et comme si l’enclavement des banlieues n’était plus qu’une question de choc des religions. En cela, le remplacement du mot « racisme » par « islamophobie » correspond bien à la politique menée par Nicolas Sarkozy. La création artificielle d’un Conseil français du culte musulman n’a pas eu seulement pour effet désastreux d’amalgamer les musulmans libéraux et les musulmans extrémistes de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), elle donne surtout le sentiment de vouloir traiter le dossier de l’exclusion sociale uniquement par le biais de l’intégration religieuse : les banlieusards révoltés par les bavures n’ont qu’à adresser leurs réclamations à des imams puisque le retour à la religion semble être la seule médiation possible proposée par le ministère de l’Intérieur. Plus inquiétant, de plus en plus de militants de gauche, y compris antiracistes, participent à cet amalgame en faisant de la question du foulard islamique une question de « racisme » et non plus une question d’« intégrisme ».
Lire la suite (site à archives payantes) :
http://www.liberation.fr/page.php?A...
©Libération
[1] Caroline Fourest et Fiammetta Venne, fondatrices de la revue ProChoix,
sont auteures de Tirs croisés,
la laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman (Calmann-Lévy).