Les mensonges d’un appel du Mrap-Marseille et du Mafed
par Alain Gerard
Un des problèmes de la discussion actuelle sur l’islam, l’islamophobie, Tariq Ramadan, l’altermondialisation est l’usage du mensonge. On peut ne pas être d’accord avec Tariq Ramadan on ne peut pas lui faire dire le contraire de ce qu’il dit. J’ai pris ici en exemple un texte diffusé par le Mrap Marseille et le Mafed. Il me semble illustrer tout à fait les propos de Guibert de Nogent, un des pourfendeurs de l’islam au Moyen Age : « Et celui qui discuterait de la fausseté ou de la vérité des faits perdrait son temps ; car l’on ne doit prêter attention qu’à l’importance d’un tel maître, qui fut l’inspirateur de tant de forfaits si tristement fameux. On ne court aucun risque à mal chanter d’un homme dont la malignité surpasse de loin tout ce qu’on dira de plus mauvais » (sur Mahomet, 1109). Le débat sur l’islam et l’islamophobie, sur Tariq Ramadan et sa place méritent mieux. Il divise le mouvement altermondialisation et la gauche, il ne partage pas les « bons » et les « méchants ». Il faut donc raison garder et ne pas utiliser d’affirmations douteuses ou mensongères. Il ne s’agit pas de refuser la polémique, mais d’accepter un minimum de règles de débat sans lesquelles on ne peut faire avancer les choses.
Nous qui voulons changer la politique et ses règles, n’employons pas des méthodes dignes de nos pires adversaires.
J’introduis simplement dans le texte ci-dessous des citations en gras(avec référence précise) de Ramadan (ce qui ne veut pas dire que je sois d’accord avec ce discours), qui montrent que les auteurs de cet appel mentent tout simplement, qu’elles font dire à Tariq Ramadan des choses qu’il ne dit pas – mes recherches ayant été limitées, je n’ai pas eu le temps de trouver des citations pour chacune des interpellations. Je ne parlerai ici que de Tariq Ramadan, l’amalgame avec son frère instaurant un délit d’appartenance familiale étonnant (il est intéressant que les auteurs ne nous disent pas, par exemple, que Tariq Ramadan a condamné les déclarations de son frère sur la lapidation).
Mes commentaires, quand j’en ferai, seront en italique.
LES FRERES RAMADAN
Aujourd’hui en France, à la télévision, à la radio, on ne peut échapper à Tariq Ramadan et dans les journaux à son frère Hani Ramadan. L’un Tariq parle soft, séduit, l’autre Hani provoque. Le premier se décrète le défenseur des opprimés, ces pauvres musulmans, victimes de la colonisation et du rejet de notre société. Le second justifie toutes les exactions commises contre les femmes et les plus démunis dans les théocraties du Golfe ou les pays arabes totalitaires.
Tariq Ramadan, ce philosophe prédicateur, très aguerri aux méthodes de manipulation des masses a depuis de longues années initié les jeunes de banlieue et surtout les étudiants aux bienfaits du communautarisme (trop d’esprit critique pouvant nuire à la cohésion de la communauté !) ; les plus démunis ont été volontiers laissés aux mains des imams auto proclamés de nos quartiers et leur endoctrinement plus activiste.
Comment convaincre au communautarisme une jeunesse née en France, en quête d’identité comme toutes les jeunesses ? Il a utilisé des moyens simples :
La faire rompre avec ses parents, les mépriser
Lui faire rejeter l’histoire de sa famille, de son pays d’origine pour embrasser une autre histoire, celle des pays du Golfe ou des pays musulmans les plus durs
(sur la critique par Tariq Ramadan de l’Arabie saoudite, lire plus bas)
Lui faire rejeter en bloc la société française
« L’état d’esprit qui a pu cautionner l’enfermement doit être réformé d’urgence, et les musulmans ont à partager des préoccupations communes avec leurs concitoyens ou les autres résidents, portant sur des questions importantes que nous avons présentées ci-dessus comme des défis. La religion des musulmans leur commande d’œuvrer pour plus de justice, mais cela ne signifie nullement qu’il leur faille se préoccuper uniquement d’eux-mêmes et ne pas collaborer avec tous ceux qui s’efforcent de transformer la société pour le mieux, au nom de la dignité humaine et du respect. » (Etre musulman européen, éditions Tawhid, 1999, p. 378.)
Créer chez cette jeunesse, un état de frustration permanent qui a développé racisme et haine et la marginalise de plus en plus.
« Aujourd’hui, le besoin est donc grand de promouvoir une meilleure connaissance mutuelle entre les musulmans et la société où ils vivent. Se délester du passif historique ainsi que du poids énorme des préjugés ne sera guère possible par de simples discours ou des témoignages sincères pavés de bonnes intentions. Le conflit paraît si exacerbé, si tendu, que le processus conduisant à rétablir la confiance entre musulmans et autochtones prendra bien du temps : il devra surtout s’appuyer sur une meilleure compréhension issue du dialogue véritable, d’activités entreprises d’un commun effort et d’une coexistence nécessairement dynamique. Du point de vue des musulmans, cela signifie qu’ils devraient acquérir la conviction qu’ils sont chez eux, qu’ils doivent s’impliquer davantage dans les sociétés européennes qui sont désormais les leurs – et ce à tous les niveaux, des affaires strictement religieuses aux préoccupations sociales au sens large, comme nous venons de le mentionner. La posture réactive, exprimée soit en se fondant complètement dans l’environnement, soit en s’y opposant violemment, ne peut aller de pair avec le projet de construire un avenir sur la base de la confiance, du respect et de la collaboration. »(Etre musulman européen, éditions Tawhid, 1999, pp. 373-374)
Enfermer cette jeunesse dans un état perpétuel de victime : Victime des parents qui ont fait d’elle une jeunesse d’immigrés dont personne ne veut
« Les musulmans, se sentant quotidiennement attaqués, doivent se dispenser d’adopter une attitude défensive, réactive qui se traduirait par une volonté de s’affirmer contre l’Occident réduit, par contrecoup, à l’état de caricature. Il convient aujourd’hui d’engager un travail pensé et patient qui devrait permettre de mieux se connaître, de créer des relations dans tous les domaines de la vie sociale et de s’engager plus concrètement , plus positivement dans la société. Les musulmans trouvent ici [en Occident] des droits dont ils bénéficient : nous les avons relevés. Il reste que leurs responsabilités sont plus importantes et que l’avenir dépendra beaucoup de leur capacité à s’engager concrètement dans un certain nombre de domaines. » (Les Musulmans dans la laïcité, Tawhid, 1994, p. 139)
- Victime de la colonisation
- Victime des institutions françaises dont l’école, qui a rejeté cette jeunesse dans sa globalité
« Il faut s’habiller d’une certaine sagesse ; elle rappelle des choses simples et évite que nous cherchions des coupables quand, simplement, il s’agit de gérer des problèmes humains, très humains, très simplement humains. Penchons-nous également sur les acquis et nous verrons qu’ils sont nombreux. Les enfants des deuxième, troisième, générations ont acquis des niveaux d’études importants, ils entrent en interaction avec leur environnement, ils se sentent chez eux, l’expliquent et le disent. » (Jacques Neirynck & Tariq Ramadan, Peut-on vivre avec l’islam ? Favre, 1999, p. 196.)
- Victime des juifs qui ont et qui dirigent la France et le monde
(cette affirmation est tout simplement calomnieuse, aucun texte de Tariq Ramadan ne contient de près ou de loin une telle affirmation. Voir plus bas sur l’antisémitisme)
Ainsi il a construit un sentiment d’appartenance à une communauté qu’il a guidé vers « la vraie foi » et lui a donné une seule et unique identité, l’identité religieuse musulmane.
Aujourd’hui avec la montée des grands mouvements altermondialistes, Tariq Ramadan change de tactique. Il est mondialiste (quoi de mieux pour mener la conquête). Il apparaît progressiste, il n’est plus communautariste mais décommunautariste ; il est laïque (cependant a-t-il un jour affirmé son attachement au principe fondamental de la laïcité : la séparation du politique et du religieux ?) non bien sûr !
Il est pour le droit des femmes, droit à une certaine instruction car elles doivent éduquer le « parfait musulman » , droit à la liberté pourvu qu’elles se soumettent aux injonctions de la charia, qu’elles portent le voile, droit de procréer, d’aller vers des maternités heureuses , non la procréation est un devoir, elles doivent faire des mâles de préférence.
J. N. Après le hors d’œuvre du foulard, venons-en à des questions qui sont plus importantes. Parlons de l’enseignement. Quelle est l’attitude de l’islam à l’égard de l’enseignement des femmes ? Est-ce qu’il existe une discrimination entre l’enseignement qui est donné aux garçons et aux filles ? Dans les medersa que j’ai visitées au Maroc, et où effectivement j’ai découvert des petits garçons en train de répéter le Coran pour l’apprendre par cœur, est-ce que les filles sont également admises ?
TR - C’est dans un domaine aussi important que celui-là qu’il faut effectivement faire la distinction entre ce que disent les textes et ce qui se passe réellement sur le terrain. Dans beaucoup de pays musulmans - mais je dirais que ce n’est pas parce qu’ils sont musulmans que les choses se passent ainsi - le taux d’alphabétisation des femmes est gravement en-dessous de celui des hommes.
D’un point de vue strictement islamique, c’est très clairement inacceptable. Les textes fondateurs de l’islam ne peuvent servir de caution à cet état de fait tellement ceux-ci sont explicites quant à la nécessité d’éduquer les femmes. L’éducation, le savoir, l’intelligence font partie de l’identité de la musulmane et du musulman. Le Prophète de l’islam est très clair sur ce point : La recherche de savoir est une obligation pour tout musulman et toute musulmane. Il a par ailleurs affirmé que celui ou celle qui éduquerait sa fille de la même façon que son fils serait protégé des châtiments de l’au-delà. Les traditions confirmant ces propos sont nombreuses et elles entrent toutes dans l’idée globale que, pour l’homme comme pour la femme, un vaste savoir est la condition d’une foi profonde.
Le texte coranique est clair : Ceux parmi les serviteurs de Dieu qui le craignent le plus (au sens de crainte révérentielle) sont les savants. L’homme et la femme doivent suivre le même cheminement de la connaissance par rapport au Créateur. L’éducation est fondatrice de l’identité musulmane et le meilleur exemple en est la femme de Muhammad elle-même, Aisha, qui a transmis tant de traditions, éduqué tant de générations et qui, sa vie durant, est restée une référence en matière de connaissance religieuse.
Il reste que, entre cet enseignement fondamental et la réalité des sociétés islamiques aujourd’hui, le fossé est immense. L’ignorance des femmes telle qu’elle est répandue aujourd’hui, voire même entretenue, est l’une des plus grandes trahisons du message de l’islam. C’est d’ailleurs le domaine essentiel de la discrimination des femmes. On ne peut nier ce phénomène aujourd’hui et il faut clairement s’engager à la résistance et à la réforme des systèmes éducatifs et des représentations sociales. De nombreuses femmes musulmanes se battent aujourd’hui pour leurs droits avec cette particularité, peu entendue encore en Occident, qui consiste à dire : "c’est au nom de l’islam et des droits qu’il nous donne, c’est au nom de notre identité de musulmanes, que nous luttons contre les discriminations dont nous faisons l’objet dans nos sociétés." (Jacques Neirynck & Tariq Ramadan, Peut-on vivre avec l’islam ? Favre, 1999, pp. 94-95.)
Il est contre les écoles privées islamistes et pour l’école laïque à condition que cette école prenne en compte les spécificités culturelles qui interdisent la mixité, le sport pour les filles, la biologie, la philosophie pour peu qu’elle ne soit pas islamiste, c’est-à-dire pourvu que l’école renonce à sa laïcité, au rôle qui est le sien instruire et libérer afin d’amener des êtres mineurs en cours de formation à une autonomie de pensée et d’action qui fera d’eux des adultes libres.
« M. Lévy, votre façon d’utiliser des citations de trois ou quatre mots en les insérant dans un raisonnement de votre cru est intellectuellement malhonnête. Vous laissez entendre que c’est moi qui dit ce qu’au fond vous construisez en utilisant des bout de phrases extraits d’un développement. L’exemple le plus patent concerne la laïcité. Oui, la laïcité est le produite de différentes étapes de l’histoire de France à laquelle les musulmans n’ont pas participé. N’est-ce pas un fait historique ? Je me suis appuyé sur les travaux de spécialistes comme Baubérot, Poulat, Boussinescq ou Costa-Lascoux pour l’avancer. Ce que vous ne dites pas c’est que, après une étude de la législation, je demande une application stricte, totale et équitable de la loi de 1905. Plus loin vous déformez mon propos : dans un texte où je m’adresse aux musulmans arrivant en France et qui sont parfois gênés, voire choqués, de ce que l’on enseigne en biologie ou en philosophie, je dis qu’aucune dispense de cours n’est acceptable et que s’ils désirent donner un éclairage qui réponde à leur référence religieuse celui-ci doit être dispensé au sein de la communauté religieuse comme cela est le cas pour les juifs ou les chrétiens. Je me suis moi-même spécialisé dans la pensée de Nietzsche que j’enseigne avec Kant, Sartre ou Freud et tant d’autres : comment pourrais-je tenir les propos que vous inventez ? » (Ce que j’ai toujours dit, Réponse à Bernard-Henri Lévy, novembre 2003, texte refusé par Le Monde, diffusé sur Internet)
A-t-il vraiment rejeté le communautarisme ? Non aujourd’hui il parle de communauté française. Que voit Tariq Ramadan dans l’exercice de la citoyenneté dans un pays libre, dans un état de droit ? La possibilité de prendre le pouvoir afin d’islamiser plus rapidement les institutions françaises ? il écrit dans son livre « Musulman d’Occident face à l’avenir » Editions Acte Sud, « le musulman doit respecter les termes de la constitution du pays où il vit, néanmoins ce que la constitution nationale permet est une chose, mais ce que les musulmans doivent choisir pour vivre conformément à leur foi en est une autre (…) Les législations occidentales ne sont ni absolues ni éternelles et il convient de penser le fiqh (le droit religieux islamique) au gré des évolutions et des transformations. Il ne faut pas exclure que l’on doive avoir recours à un aménagement de la loi et de son application. »
Nous atteignons ici le summum de la déformation. Les deux bouts de citations sont… à cinq pages de distance et le début de la citation est coupée, sans que cela soit indiqué… (p. 170 et p. 175). Le lecteur pourra se reporter au texte intégral, mais le sens de tout ce développement est le suivant : les musulmans doivent appliquer la constitution du pays dans lequel ils vivent ; ils ne sont pas obligés d’user de chacun des droits qui leur est accordé, s’ils pensent que cela est contraire à leur foi (par exemple, boire de l’alcool, utiliser des prêts à intérêt – même si le fiqh peut s’adapter et que les prêts ont été autorisés par le Conseil européen de la fatwa pour l’utilisation de prêts pour acheter son logement) ; dans certains cas limites, notamment les guerres injustes, les musulmans peuvent faire jouer une « clause de conscience » (comme quand des chrétiens ou des athées ont refusé de servir pendant la guerre d’Algérie) ; comme tous les citoyens de ce pays, les musulmans ont le droit de se battre pour faire évoluer les lois, de manière à ce que celles-ci prennent en compte leurs aspirations, même s’ils refusent toute « loi particulière pour les musulmans ».
Son frère Hani Ramadan justifie dans le journal Le Monde du 10 septembre 2002, la lapidation des femmes et s’émeut du drame vécu par celui qui lapide une femme une pécheresse qui lui ôte la vie, mais seulement dans le but de la purifier. Depuis cette déclaration, il n’est plus autorisé à enseigner le français dans le canton de Genève. Il est aussi celui qui expliqua que couper la main d’un voleur, comme cela se pratique en Arabie Saoudite et dans d’autres pays du golfe, est moins barbare que de mettre les gens en prison comme on le fait dans les pays occidentaux, puisque cette mutilation est pratiquée par des médecins !
La science au service de la torture quel progrès ! Quel humanisme ! Utilise-t-on aussi des médecins pour exécuter les homosexuels ? Le prédicateur Hani Ramadan déclare : les musulmans sont convaincus de la nécessité en tout temps et en tout lieu de revenir à la loi divine.
Tariq Ramadan, le grand penseur se pose en donneur de leçon et exige que les « intellectuels juifs » condamnent Sharon et l’Etat hébreu. Qu’est ce que l’Etat hébreu sinon tout un peuple ?
Dans sa tribune Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires, qui a été refusée par Le Monde et Libération et qui a circulé sur Internet au mois d’octobre 2003, Tariq Ramadan dit exactement ceci : « S’il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu’ils condamnent au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l’antisémitisme et les Etats musulmans dictatoriaux de l’Arabie saoudite au Pakistan, on n’en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu’ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l’Etat d’Israël, de ses alliances et autres méthodes douteuses et qu’ils soient au premier rang de la lutte contre les discriminations que subissent leurs concitoyens musulmans »
Dans quels médias a-t-on demandé à ce monsieur de condamner la politique du Hamas palestinien qui empêche toutes négociations de paix dans cette région ?
Sur la résistance palestinienne et ses moyens d’action : « La résistance palestinienne est légitime, tant sur le plan du droit international qu’à la lumière des enseignements islamiques : l’occupation sioniste est une colonisation, une agression qui se traduit par une oppression systématique de tout un peuple. On doit discuter les méthodes employées en affirmant que le fait de s’en prendre à des civils n’est pas légitime. Pendant des années, la résistance palestinienne ne s’est pas attaquée à des cibles civiles mais, avec l’oppression continuée des forces d’occupation israélienne, le déséquilibre immense des forces en puissance (sic, sans doute présence) et le silence de la communauté internationale…, leur dernier recours fut les opérations contre les civils. Il faut autant condamner ces actes que condamner l’attitude des parties en présence dans la gestion de la crise : on ne peut rejeter toute la faute sur des femmes et des hommes, niés et opprimés, qui n’ont comme seul recours que de sacrifier leur vie et s’en prendre aux seuls cibles qu’ils puissent atteindre (compte tenu de l’incroyable arsenal militaire israélien) et oublier de condamner la politique israélienne première productrice de cette violence, de même que la passivité inacceptable des Etats-Unis et de l’Europe dans le traitement de la crise, laquelle offre finalement une caution morale au terrorisme d’Etat israélien… et pousse les Palestiniens vers l’ultime recours des attentats pour être entendus. » (Jihad, violence, guerre et paix en islam, éditions Tawhid, Lyon, 2002, pp. 64-65). Notons que cette brochure sert de « formation » pour les jeunes musulmans.
Lui a-t-on demandé de condamner les islamistes qui hurlaient « A mort les juifs » et crachaient leur racisme et leur haine au cours des manifestations organisées par l’Union des juifs pour la paix, les palestiniens pour la paix, les syndicats, les partis politiques, les associations, les individus de toutes origines convaincus que la paix est possible. Les a-t-on entendus condamner les propos racistes et antisémites ?
Tribune de Tariq Ramadan dans Le Monde du 24 décembre 2001 : « Des propos malveillants, des « A bas les juifs ! » fusant dans certaines manifestations, voire des exactions contre des synagogues, ont pu être enregistrés dans différentes villes de France. Plus généralement, on a pu entendre ici et là des propos ambigus sur les juifs, leur pouvoir occulte, leur rôle insidieux dans les médias, leur sombre stratégie... Après le 11 septembre, les fausses rumeurs sur les 4 000 juifs qui ne se seraient pas présentés à leur poste le matin des attaques contre le World Trade Center ont été relayées jusque dans les banlieues.
Des voix musulmanes, trop rares, se sont fait entendre pour se démarquer de ces propos et attitudes. On a parfois expliqué ces phénomènes par la frustration et un sentiment profond d’humiliation. Cela peut être mais il faut néanmoins être honnête et aller jusqu’au bout de l’analyse du phénomène : comme cela se voit à travers le monde musulman, il existe aujourd’hui en France un discours antisémite qui cherche à tirer sa légitimité de certains textes de la tradition musulmane et qui se sent conforté par la situation en Palestine. »
Non comment le pourraient-ils quand Hani Ramadan déclare qu’Israël est le symbole même d’un particularisme racial qui va à l’encontre des intérêts du monde musulman et de ceux du monde entier ? A-t-on entendu Tariq et Hani Ramadan condamner les assassinats des groupes islamistes armés en Algérie ?
« On peut constater aujourd’hui une effervescence dans le monde musulman et beaucoup condamnent la violence qui accompagne le réveil d’un “islam fanatique, radical, intégriste“. On doit comprendre cette inquiétude et il faut dénoncer la violence politique qui s’exprime par des assassinats de touristes, de prêtres, de femmes et d’enfants, par des bombes aveugles et des carnages sanglants. Ces actions ne sont pas défendables et ne respectent en rien le message coranique. »(Jihad, violence, guerre et paix en islam, éditions Tawhid, Lyon, 2002, p. 75)
« GIA : La condamnation des groupes armés doit être totale. Il apparaît aussi clairement que ces groupes sont infiltrés. Peut-être en saura-t-on davantage, un jour, sur le jeu entretenu par certains dignitaires du pouvoir militaire qui s’emplissent les poches quand tant d’Algériens se vident de leur sang » (Ce texte fait partie d’un glossaire demandé par Le Nouvel Observateur en 1998 et que cet hebdomadaire n’a pas publié. Il est reproduit dans Tariq Ramadan, Etre musulman européen, éditions Tawhid, 1999).
Les a-t-on entendus condamner le rôle des pays du Golfe qui ont financé les terroristes un peu partout dans les pays en voie de développement pour étouffer toute tentative progressiste ?
Arabie Saoudite : La croisée de tous les mensonges et de toutes les hypocrisies. De l’Occident d’abord, dont les gouvernements, pour des raisons économiques, se taisent alors qu’ils savent l’horreur de la dictature, de l’esclavagisme réactionnaire et de la corruption. De l’Orient et de trop de musulmans, ensuite, qui à cause de la manne financière, font silence devant la trahison la plus manifeste et la plus odieuse des principes de l’islam » Ce texte fait partie d’un glossaire demandé par Le Nouvel Observateur en 1998 et que cet hebdomadaire n’a pas publié. Il est reproduit dans Tariq Ramadan, Etre musulman européen, éditions Tawhid, 1999).
Les a-t-on entendus condamner la répression atroce menée par les Ayatollahs iraniens envers les femmes et les démocrates ?
Les a-t-on entendus exhorter les jeunes des banlieues à respecter leurs camarades filles et les règles de l’école laïque et ses exigences ?
Les a-t-on entendus condamner l’excision des petites filles en Egypte, leur pays d’origine, en Somalie, au Soudan ou ailleurs ?
Comment s’étonner de la présence à Marseille d’Hani Ramadan pour un meeting sur le thème « Les frères musulmans dans la communauté française ». Il aurait pu dire en France, mais non les pays n’existent pas au regard des islamistes, seule compte « la oumma » la communauté des croyants.
Et c’est là que les intérêts de Tariq Ramadan rejoignent ceux (plus généreux) des altermondialistes qui dans leur passion et leur utopie sont en train de s’allier au pire car ils n’ont pas mesuré le danger mortel que représente l’idéologie d’extrême droite que véhiculent les frères Ramadan.
Tariq et Hani Ramadan, les deux faces d’un même projet intégriste (tels leurs frères algériens Abassi Madani et Ali Belhadj) qui ont choisi la paisible Suisse comme port d’attache et la France laïque comme lieu de prêche.
Aujourd’hui leurs discours si subtils soient-ils et leur hypocrisie ne
passent plus.
Bas les masques Messieurs !
MAFED( Marseille Algérie femmes et démocratie), MRAP Marseille.