Femmes et judaïsme dans la société contemporaine
13, 14 et 15 mars 2004
au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme [1]
Journées de réflexion
Programme coordonné par Sonia Sarah Lipsyc
A l’heure de la parité, qu’en est-il des femmes dans le judaïsme ?
Comment vivent-elles le droit, en tant que citoyennes, de s’initier à tous les savoirs mais d’avoir difficilement accès à l’étude talmudique ? De pouvoir être magistrats de la République mais de ne point être acceptées comme juges au sein d’un tribunal rabbinique ? D’avoir des responsabilités civiles mais d’être reléguées loin de l’espace central de la synagogue ?
En fait quels sont les échos suscités dans la société juive par l’évolution des structures sociales et familiales ? Quelle est l’influence sur les communautés juives des questions cruciales que pose le féminisme, depuis des décennies ?
Quelle est la place des femmes qui ne veulent renoncer ni à leur judaïsme ni à leur combat de justice ?
Le judaïsme, ou plutôt les judaïsmes devrait-on dire, en référence aux différentes dénominations en vigueur : orthodoxe, traditionaliste (conservative), libéral ou « reconstructionniste », ont eu à prendre des positions souvent différentes, parfois militantes, pour faire évoluer la place de la femme juive dans plusieurs domaines : le statut marital et la réglementation des divorces, l’accès reconnu à l’étude des textes, la participation active aux cérémonies et à la liturgie, les questions ayant trait à la sexualité.
Aujourd’hui, s’inspirant de questionnements et de réponses élaborés le plus souvent en Israël ou aux Etats-Unis, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme propose des journées de réflexion, articulées autour de tables - rondes, de débats et de films sur trois thèmes : le statut actuel de la femme dans la loi juive, l’identité féminine et féministe, des itinéraires emblématiques de femmes dans le monde juif.
Des universitaires, des journalistes, des écrivains, des rabbins, des psychanalystes et des représentants du monde associatif partageront leur réflexion avec le public.
Pour accompagner ces journées, la médiathèque du Musée propose une large présentation d’ouvrages, dans différentes langues, ainsi qu’un choix de vidéos et de documentaires consultables sur place. La librairie met en place une sélection de livres.
Samedi 13 mars 2004 à 20 h
Accueil
Laurence Sigal, directrice du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Discours inaugural
Madame Simone Veil, Ancien Ministre d’Etat, Première Présidente du Parlement Européen, Membre du Conseil Constitutionnel, Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Les textes au féminin ?
Table – ronde suivie d’un débat avec le public, animée par Marc – Alain Ouaknin, rabbin, philosophe, et professeur à l’université Bar-Ilan (Israël)
Sonia Sarah Lipsyc, auteur, universitaire : L’accès des femmes au Talmud : le point de vue traditionnel en question
Mikhal Govrin, auteur, metteur en scène (Israël) : Itinéraire d’une écrivaine israélienne à travers les sources juives
Danièle Storper-Perez, anthropologue, CNRS (Israël) : Une lecture féministe de la Bible
Projection : She-asani Ishah (Qui m’a faite femme) de Yaakov Friedland, documentaire, Israël, 36 min, 2000, VO sous-titres en anglais
Dimanche 14 mars 2004
11 h - 12 h 30 : Les femmes dans les synagogues et les tribunaux rabbiniques
Table – ronde suivie d’un débat avec le public, animée par Judith Kogel, enseignante
Liliane Vana, talmudiste et universitaire : L’absence des femmes des fonctions religieuses : un réexamen de la loi juive (halakha)
Marc Kujawski, rabbin orthodoxe (Israël) : « Béni sois-Tu l’Eternel (...) qui ne m’as pas fait femme... »
Pauline Bebe, rabbin libéral : L’égalité dans le mouvement juif libéral
14 h - 15 h 30 : Sexualité, mariage et divorce
Table ronde suivie d’un débat avec le public, introduite et animée par Liliane Vana, talmudiste et universitaire
Janine Elkouby, enseignante, présidente du GLIF (Groupe de Liaison Juif Féminin) :
Le contrat de mariage, la sexualité et le couple
Annie Dreyfus, avocate : Divorce civil et divorce religieux
Joëlle Allouche-Benayoun, psycho-sociologue : Mariage mixte, parentalité et transmission
16 h – 17 h 30 : Questions d’identité : Masculin / Féminin ?
Table – ronde suivie d’un débat avec le public, animé par Claude Birman, philosophe
Rivon Krygier, rabbin de la communauté massorti (traditionaliste) de Paris : Réflexions sur la disparité masculin/féminin et son dépassement, à la lumière des sources juives
Ariane Kalfa, philosophe et psychanalyste : Le couple au travers du Cantique des Cantiques
Arouna Lipschitz, écrivain : « (…) Et Il les créa mâle et femelle », le masculin avec le féminin
18 h – 19 h 30 : Combats de femmes dans la société juive
Présentation par Nathalie Cohen – Beizermann, Présidente de la WIZO France
Ariel Sion, historienne et journaliste : Femmes de tradition, femmes de transmission : Sarah Bat Touvim,
Glückel Von Hameln et Sarah Schnierer
Michèle Bitton, universitaire : Le combat des femmes juives en France
Elisabeth Antébi, journaliste et historienne : Changer la femme pour changer l’homme : le modèle des institutrices de l’Alliance israélite universelle
Régine Azria, sociologue : Les femmes juives dans la société, engagement et reconnaissance : un combat toujours recommencé
Lundi 15 mars 2004
18 h – 20 h 15 : Juive et homosexuelle
Projection : Trembling before God, de Sandi S. Dubowski, documentaire, Etats-Unis, 80 min, 2001, VO sous-titres en français
Débat animé par Malka Markovich, experte internationale en droits humains/droits des femmes, avec Martine Gross, sociologue, Philippe Haddad, rabbin des Ulis et une représentante du Beth Havérim, groupe juif gay et lesbien de France.
Débat de clôture 20 h 30 – 23 h : Être féministe dans le judaïsme et juive dans le mouvement féministe
Table – ronde suivie d’un débat avec le public, animée par Sonia Sarah Lipsyc, auteur, universitaire
Liliane Kandel, universitaire : Les féministes face à la Shoah et à l’antisémitisme
Nelly Las, chercheur (Israël) : Le féminisme en Israël
Jill Vexler, anthropologue (USA) : Initiatives récentes dans le cadre des associations féministes juives américaines
Malka Markovich, présidente du Mouvement pour l’Abolition de la Prostitution et de la Pornographie (MAPP) : Juive féministe, la double mise en silence