LE CAIRE, 27 jan 2007 (AFP) - L’islam interdit à la femme de devenir chef
d’Etat mais tolère qu’elle devienne magistrat, a affirmé le mufti d’Egypte
cheikh Ali Gomaa, cité par la presse samedi.
"Selon la charia (loi) islamique, la femme ne peut être chef d’Etat, car il
est des prérogatives du dirigeant de conduire en imam les musulmans dans la
prière, (tâche) qui ne revient qu’aux hommes", a déclaré cheikh Gomaa dans une
"fatwa officielle" (décret), publiée par le quotidien gouvernemental Al Ahram.
"Si les droits politiques signifient le droit de vote, de se porter
candidate ou d’assumer une fonction publique, alors la charia ne s’oppose pas à
ce que la femme assure ces fonctions, à l’exception de celle de chef d’Etat", a
précisé le mufti.
"La femme peut donc se porter candidate au Conseil consultatif et au
Parlement, tant qu’elle peut concilier son travail et les droits qu’ont sur elle
son mari et ses enfants", a-t-il poursuivi.
Selon cheikh Gomaa, ces droits ne doivent pas enfreindre "les lois de
l’éthique islamique" et elle ne devra donc pas se "dévoiler, se parer de ses
meilleurs atours ou se retrouver seule avec des hommes qui ne sont ni son mari,
ses frères ou son père".
"La femme peut donc participer à la vie publique - sociale ou politique -
tant que cette participation respecte la morale islamique et tant qu’elle
n’entraîne pas qu’elle néglige son foyer", a-t-il affirmé.
Concernant la magistrature, le mufti indique que "l’ensemble des références
religieuses exigent qu’elle soit assurée par un homme".
Il cite cependant deux avis contraires rendus par de grands maîtres, dont
l’un d’eux affirmant que "la femme peut devenir mufti et par conséquent peut
devenir magistrat".
En 1956, la femme égyptienne a été la première du monde arabe à obtenir ses
droits politiques, mais elle se bat toujours pour accéder à la fonction de
magistrat.
lr/mfo
AFP 12h25 - 27 JAN 07