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Islam & Laïcité >> Revue de presse

Caricatures de Mahomet : le tribunal rend son jugement jeudi (AFP, 20 mars 2007)

Le tribunal correctionnel de Paris se prononcera jeudi dans le procès intenté à Philippe Val, directeur de publication de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet considérées comme injurieuses pour les musulmans.

"J’attends une relaxe sans ambiguité", a déclaré à l’AFP M. Val. "Je veux être relaxé sans aucune réserve. S’il y a la moindre réserve, je ferais appel", a-t-il insisté. M. Val a comparu les 7 et 8 février devant la 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée pour l’occasion par Jean-Claude Magendie, en raison des poursuites engagées contre lui par la Grande Mosquée de Paris (GMP) et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Ces deux associations, parties civiles, à laquelle s’est jointe la Ligue Islamique mondiale, reprochent au journal d’avoir publié trois caricatures qui, selon elles, constituent une "injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion", délit passible d’une peine maximale de six mois d’emprisonnement et de 22.500 euros d’amende. Parmi les trois dessins incriminés figurent deux caricatures qui avaient été déjà éditées dans le journal danois Jyllands-Posten en septembre 2005 et avaient provoqué une flambée de violence anti-danoise dans le monde musulman. L’un représente Mahomet portant un turban représenté sous la forme d’une bombe dissimulant une mèche et un détonateur allumé s’apprêtant à exploser et l’autre, le prophète accueillant des kamikazes au paradis avec la lgende "arrêtez, arrêtez, nous n’avons plus de vierges". Le troisième dessin est une oeuvre de Cabu, dessinateur habituel du journal, représentant Mahomet se prenant la tête dans les mains et déclarant : "c’est dur d’être aimé par des cons". Lors de l’audience, la représentante du parquet, Anne de Fontette, a requis la relaxe, à la grande satisfaction de Charlie Hebdo qui, à l’occasion de ce procès qu’il voulait symbolique de la défense de la liberté d’expression, a fait défiler de nombreux témoins à la barre, dont François Bayrou, candidat UDF à la présidence de la République et François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste (PS). En cours d’audience, à la surprise générale, le ministre de l’Intérieur et des cultes, candidat UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, avait également apporté son soutien au journal, affirmant, dans un courrier lu par l’un des avocats de la défense, Me George Kiejman, préférer "l’excès de caricature à l’absence de caricature". Interrogé par l’AFP, Me Francis Szpiner, l’un des avocats de la GMP, a de son côté indiqué qu’il ne se prononcerait sur un éventuel appel qu’après avoir lu la décision rendue jeudi que sa cliente "attend très sereinement". "Ce procès a été utile et pédagogique, la Grande mosquée a bien fait d’agir", a estimé le conseil, regrettant que "par solidarité et esprit de corps, les journalistes n’aient pas forcément rendu compte de la réalité" de l’audience. "La liberté d’expression n’était pas en danger, la laïcité n’était pas en danger", a-t-il insisté, se réjouissant d’avoir assisté les 7 et 8 février à un "débat républicain de qualité". elr/cj/dv



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Caricatures - Islam