LONDRES, 12 avr 2007 (AFP) - Les mesures draconiennes prises au Royaume-Uni par les autorités pour empêcher la propagation des idées islamistes dans les
prisons britanniques produisent l’effet inverse, selon une étude publiée jeudi.
Ces mesures, adoptées après que les médias eurent critiqué le laxisme des
autorités pénitentiaires, ont pour conséquence de radicaliser encore plus les
prisonniers musulmans, ainsi ancrés dans une culture du secret, selon Gabriele
Marranci, chercheur à l’université d’Aberdeen.
"En particulier, la décision dans les prisons de haute-sécurité de suspendre
l’accès à certains programmes télévisés ou journaux a produit le résultat
opposé" à ce qui était attendu, a expliqué M. Marranci.
"Le manque de liberté d’expression dont souffrent les prisonniers musulmans
et la continuelle atmosphère de suspicion les entourant a pour effet d’augmenter le sentiment de frustration et de dépression" qu’une vision plus radicale de l’Islam permet de surpasser, a-t-il estimé.
M. Marranci, qui a mené plus de 170 entretiens avec d’actuels et d’anciens
prisonniers musulmans en Grande-Bretagne ces quatre dernières années, a cité
comme autres exemples contre-productifs les restrictions touchant les prières en commun et l’interdiction faite aux prisonniers de lire le Coran pendant les
pauses au travail.
"Mes conclusions suggèrent que les efforts entrepris par le Service des
prisons en Ecosse, Angleterre et au Pays de Galles pour montrer qu’il s’attaque
au problème de la radicalisation en prison facilitent en fait la formation d’une
vision essentialiste de l’Islam", a-t-il ajouté.