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Islam & Laïcité >> Revue de presse

Ni Sarkozy ni Royal, le credo de l’UOIF (Libération, 16 avril 2007)

L’Union des organisations islamiques de France s’en est prise aux déclarations des candidats sur les immigrés.

Par Catherine COROLLER

Sifflets pour Nicolas Sarkozy. Sifflets pour Ségolène Royal. L’Union des organisations islamiques de France (UOIF) roule-t-elle pour François Bayrou ? Samedi, son vice-président, Fouad Alaoui, a délibérément provoqué une bronca contre les deux candidats à la présidentielle placés en tête des sondages. Le numéro deux de la principale fédération musulmane, qui s’exprimait dans le cadre du rassemblement organisé annuellement par l’UOIF au Bourget (Seine-Saint-Denis), a d’abord ciblé le candidat de l’UMP : « Monsieur Sarkozy, nous n’égorgeons pas nos moutons dans la baignoire [référence à des propos tenus le 5 février sur TF1, ndlr]. »

Consignes. La deuxième salve est pour la candidate du PS : « J’espère que Mme Ségolène Royal a conscience, elle aussi, du mal qu’elle a causé à des millions de Français musulmans en assimilant les femmes voilées à des femmes violées ou battues [propos tenus le 13 novembre 2006 au gymnase Japy à Paris, ndlr] . » En conclusion, Fouad Alaoui n’a pas donné de consignes de vote, mais a appelé ses coreligionnaires à être « présents, le 22 avril et le 6 mai », car « le choix des musulmans compte et pèsera ».

Entre l’UOIF et l’ex-ministre de l’Intérieur, la lune de miel est finie. Sarkozy avait donné à l’organisation musulmane _ souvent taxée de fondamentalisme _ une légitimité en lui offrant plusieurs sièges au Conseil français du culte musulman. Mais il l’a, depuis, lâchée. En février, il a soutenu Charlie Hebdo, que l’UOIF poursuivait devant les tribunaux pour avoir publié des caricatures de Mahomet.

Parmi les participants à la rencontre, Sarkozy fait l’unanimité contre lui. Le projet d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » scandalise. « Je suis né en France, j’y connais rien au Maroc, je suis étranger de quoi ? » râle Mohamed. « Il n’y a pas de race française, la France est multicolore », ajoute Saïd. Chez beaucoup, la déception est d’autant plus rude qu’ils sont d’accord avec certains aspects du programme de Sarkozy : « Travailler plus pour gagner plus, ça ne me choque pas », affirme Nazih Marzouqy, secrétaire général des Jeunes musulmans de France. Sami Danguir, vice-président d’Etudiants musulmans de France, n’est pas contre la réhabilitation de la « valeur travail » prônée par le candidat de l’UMP.

« Voile ». Royal ne suscitant pas l’enthousiasme, il reste Bayrou. « Il a tenu des propos positifs sur la place des musulmans dans la société », rappelle El Bachir Boukhzer, président de l’association Culture et citoyenneté à Clermont-Ferrand. Mais d’autres participants, comme Mohamed, lui reprochent d’avoir « sorti une circulaire contre le voile » quand il était ministre de l’Education nationale.

Bayrou n’a pas pu s’en expliquer. Invité à participer à la rencontre, comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Marie-George Buffet, il n’est pas venu. « Vous n’avez rien perdu, a déclaré Fouad Alaoui à la salle. C’est eux qui perdent à ne pas vous rencontrer. »





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élections présidentielles - UOIF