LE BOURGET, 15 avr 2007 (AFP) - L’UOIF (Union des organisations islamiques de France) est "restée authentique dans sa ligne de conduite, fidèle à son éthique" et indépendante des pouvoirs publics, a affirmé samedi soir au Bourget le président du mouvement, Lhaj Thani Breze, à l’occasion de la 24e Rencontre annuelle des musulmans de France.
L’UOIF "n’est pas engluée dans le conformisme", a-t-il ajouté. "Elle a traité librement les différents dossiers récents", notamment celui des signes religieux, "avec un maximum de gains et un minimum de pertes".
Lhaj Thani Breze a particulièrement insisté sur l’interdiction du voile à l’école. Il était question au départ de "porter des tenues non ostensibles", et cela s’est transformé en interdiction du voile, a-t-il dit en substance ajoutant que pour cette raison l’UOIF est favorable au développement des écoles privées musulmanes où "on suit les programmes de l’éducation nationale, dans le respect des principes de l’islam" et où le port du voile est autorisé.
Il a ensuite donné un nouveau coup de patte au CFCM (Conseil français du culte musulman) dont l’UOIF fait partie. Rappelant la genèse de la création du CFCM, il a souligné que cet organisme est "l’émanation des organisations musulmanes de différentes sensibilités" et critiqué la cooptation d’une partie de l’exécutif qui ne traduit pas la réalité des votes. Pour lui, il s’agit de trouver "le moyen de mieux assurer notre représentativité".
Le président de l’UOIF avait estimé vendredi, dans une interview au Parisien, que "le CFCM n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes des musulmans". Le délégué général du CFCM, Me Chems-Eddine Hafiz, avait immédiatement riposté, jugeant cette déclaration "inadmissible". Il a critiqué la "politique d’inertie" de l’UOIF "tendant à bloquer systématiquement les activités du CFCM".
Le président de l’UOIF a aussi insisté sur l’indépendance de son mouvement vis à vis des pouvoirs publics. Au moment des violences des banlieues en 2005, nous avons "interpellé" les jeunes musulmans pour qu’ils n’y participent pas. "Personne ne l’avait demandé, c’est notre sens des responsabilité qui nous a dicté cette décision (...) Nous n"avons pas de relation de subordination" avec les pouvoirs publics", a-t-il insisté.