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Islam & Laïcité >> Revue de presse

Cinq interpellations après le saccage de 180 tombes au Havre (Le Monde daté du 24 avril 2007)



Cinq jeunes gens, dont deux âgés de 17 ans, étaient toujours en garde à vue, lundi 23 avril, dans la matinée, au commissariat du Havre (Seine-Maritime). Ils sont soupçonnés d’avoir profané, dans la nuit de samedi 21 avril à dimanche 22 avril, 180 tombes au cimetière Sainte-Marie, l’un des plus importants de la cité portuaire de l’estuaire de la Seine.

Les auteurs s’en sont d’abord pris à une quarantaine de sépultures du carré juif, dessinant à la peinture noire des croix gammées et des croix celtiques, avant de dégrader des tombes chrétiennes. Les cinq vandales ont été interpellés en flagrant délit. Un passant a alerté la police alors qu’ils fracassaient des croix, des stèles et des pierres tombales.

Le procureur général près la cour d’appel de Rouen a indiqué qu’une information judiciaire pour "destruction ou dégradation grave du bien d’autrui commise en réunion, violation ou profanation de sépulture commise en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, des personnes décédées à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée" devait être ouverte.

"CONNOTATION RACISTE"

"Ces actes semblent avoir une connotation raciste mais ne se sont pas résumés à cela", a déclaré Antoine Rufenacht, maire (UMP) du Havre. De son côté, Jacques Chirac a "condamné avec une extrême fermeté" cette profanation. Tout en demandant que la lumière soit faite "sur cet acte odieux", le président de la République a dénoncé une "insulte à la mémoire de nos morts et une blessure pour tous les Français".

Ces profanations surviennent deux jours après le saccage à caractère raciste de 52 tombes musulmanes au cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette, près d’Arras (Pas-de-Calais). Là aussi, elles étaient le fait d’un groupe de jeunes gens - deux âgés de 22 ans et un mineur de 16 ans - qui ont été mis en examen, dimanche, pour "dégradations commises en réunion en raison de l’appartenance des victimes à une race ou une religion déterminée". Ils encourent cinq ans de prison.

Yves Bordenave





* Thème(s) associé(s) à l'article :
Antisémitisme - Profanation de tombes