Cinq jeunes gens, dont deux âgés de 17 ans, étaient toujours en garde à vue, lundi 23 avril, dans la matinée, au commissariat du Havre (Seine-Maritime). Ils sont soupçonnés d’avoir profané, dans la nuit de samedi 21 avril à dimanche 22 avril, 180 tombes au cimetière Sainte-Marie, l’un des plus importants de la cité portuaire de l’estuaire de la Seine.
Les auteurs s’en sont d’abord pris à une quarantaine de sépultures du carré juif, dessinant à la peinture noire des croix gammées et des croix celtiques, avant de dégrader des tombes chrétiennes. Les cinq vandales ont été interpellés en flagrant délit. Un passant a alerté la police alors qu’ils fracassaient des croix, des stèles et des pierres tombales.
Le procureur général près la cour d’appel de Rouen a indiqué qu’une information judiciaire pour "destruction ou dégradation grave du bien d’autrui commise en réunion, violation ou profanation de sépulture commise en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, des personnes décédées à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée" devait être ouverte.
"CONNOTATION RACISTE"
"Ces actes semblent avoir une connotation raciste mais ne se sont pas résumés à cela", a déclaré Antoine Rufenacht, maire (UMP) du Havre. De son côté, Jacques Chirac a "condamné avec une extrême fermeté" cette profanation. Tout en demandant que la lumière soit faite "sur cet acte odieux", le président de la République a dénoncé une "insulte à la mémoire de nos morts et une blessure pour tous les Français".
Ces profanations surviennent deux jours après le saccage à caractère raciste de 52 tombes musulmanes au cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette, près d’Arras (Pas-de-Calais). Là aussi, elles étaient le fait d’un groupe de jeunes gens - deux âgés de 22 ans et un mineur de 16 ans - qui ont été mis en examen, dimanche, pour "dégradations commises en réunion en raison de l’appartenance des victimes à une race ou une religion déterminée". Ils encourent cinq ans de prison.
Yves Bordenave