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Islam & Laïcité >> Revue de presse

Abdullah Gül sera le candidat du pouvoir à l’élection présidentielle de Turquie (Le Monde, 24 avril 2007)

Mettant fin au suspense sur son éventuelle candidature le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a finalement annoncé, mardi 24 avril, que le Parti de la justice et du développement (AKP), actuellement au pouvoir, sera représenté à l’élection présidentielle de vendredi par l’actuel ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül.

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 24.04.07 | 12h43 •

"Mon frère, avec lequel nous avons créé ce mouvement, est apparu comme le candidat de notre parti pour devenir le 11e président de la République de Turquie à l’issue de nos consultations", a-t-il dit lors d’un discours devant son groupe parlementaire. La candidature de M. Gül écarte donc le premier ministre, dont les velléités présidentielles inquiétaient l’armée et la magistrature, piliers de la laïcité en Turquie.

L’élection du futur président turc, élu au suffrage indirect par le Parlement, aura lieu vendredi, a-on appris mardi. Une majorité des deux tiers du Parlement, soit 367 voix, est nécessaire pour accéder à la présidence de l’Etat.

Si le régime parlementaire en vigueur en Turquie accorde plus de pouvoirs au premier ministre, le président dispose de prérogatives essentielles telles qu’un droit de veto des lois et un pouvoir de nomination (notamment dans la magistrature). Contraint à l’impartialité par la Constitution, il incarne, en outre, un fort magistère moral.

Le vainqueur sera investi le 16 mai, jour de l’expiration du mandat de l’actuel président, Ahmet Necdet Sezer. Des élections legislatives sont d’ores et déjà prévues pour le mois de novembre.

M. GÜL PRÔNE LA COMPATIBILITÉ ENTRE ISLAM ET DÉMOCRATIE

Abdullah Gül, âgé de 56 ans, est un diplomate qui a été brièvement à la tête du gouvernement en 2003 alors que M. Erdogan, accusé de sédition islamiste, avait dû se retirer provisoirement de la politique. M. Gül a été l’architecte des négociations d’adhésion ouvertes avec l’Union européenne et prône la compatibilité entre islam et démocratie en Turquie. Tout comme M. Erdogan, ses opposants lui reprochent d’avoir fréquenté des partis islamistes interdits depuis, des accusations que M. Gül rejette en bloc.

Au cours du mois d’avril, plus de 350 000 manifestants ont défilé à Ankara contre une possible candidature de M. Erdogan. Le général Yasar Buyukanit, chef d’état-major des forces armées, comme le président sortant, avaient récemment annoncé que des menaces pesaient sur la République, dans des propos généralement interprétés comme autant de mises en garde contre Recep Tayyip Erdogan.





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élections présidentielles - Démocratie - Islam