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Islam & Laïcité >> Revue de presse

Le premier ministre turc appelle à "l’unité" et à "la solidarité" (Le Monde, 30 avril 2007)



LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 30.04.07 | 20h39 • Mis à jour le 30.04.07 | 20h45

"Chers concitoyens, l’union, l’unité et la solidarité sont nos plus importants besoins", a expliqué, lundi 30 avril, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans une allocution radio-télévisée. "La Turquie a grand besoin de cette unité, libérée des préjugés", a-t-il ajouté, soulignant que cet esprit confraternel permettrait à la Turquie d’assurer la continuité de la stabilité économique et des investissements, sur laquelle portait l’essentiel de son intervention.

"La Turquie se développe et grandit très rapidement (...) Nous devons protéger cet environnement de stabilité et de calme", a-t-il souligné, sans faire d’allusion directe à la crise qui secoue la Turquie depuis que l’armée, dans un communiqué publié vendredi soir, a accusé en termes très durs son gouvernement de ne pas défendre les principes de la laïcité et a rappelé qu’elle était prête à le faire elle-même. Alors que le souvenir de quatre précédentes interventions des militaires turcs dans la vie politique revenait dans toutes les mémoires, le gouvernement a répondu sèchement, rappelant l’armée à l’ordre.

DÉCISION DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE MERCREDI

L’avertissement de l’armée est intervenu le soir même du premier tour de l’élection présidentielle au Parlement, pour laquelle le candidat unique est le ministre des affaires étrangères Abdullah Gül, membre influent du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste). Alors que le week-end a été marqué par une manifestation monstre contre le gouvernement, M. Gül, qui a échoué d’être élu au premier tour, a affirmé dimanche qu’il ne retirerait pas sa candidature.

Le camp laïque soupçonne en effet MM. Erdogan et Gül, anciens islamistes, de chercher à subvertir la stricte séparation de l’Etat et de la religion imposée par Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne. Le dirigeant du Parti républicain du peuple (CHP, opposition laïque), Deniz Baykal, a préconisé lundi la formation d’une alliance antigouvernementale regroupant toute l’opposition, accusant l’AKP de ne tenir aucun compte des inquiétudes de l’opinion au sujet de la laïcité.

Par ailleurs, la Cour constitutionnelle a commencé lundi à examiner le recours déposé par le CHP demandant l’annulation de la présidentielle. Si la Cour lui donne raison, le premier ministre devra convoquer des législatives anticipées dans un délai de 90 jours. Le chef de l’Etat sortant, le laïque Ahmet Necdet Sezer, conserverait ses fonctions à titre provisoire dans l’attente de l’élection de son successeur par la nouvelle assemblée. La Cour a fait savoir qu’elle tâcherait de rendre son verdict d’ici à mercredi, jour où est censé avoir lieu un second tour de scrutin sur la candidature de Gül.





* Thème(s) associé(s) à l'article :
élections présidentielles - Laïcité - Turquie