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Islam & Laïcité >> Revue de presse

Premier débat entre les prétendants à l’investiture républicaine pour la succession de George Bush
Sécurité, immigration, religion, morale : surenchère des dix candidats républicains (Le Monde, 5 mai 2007)



Si le président Bush avait participé la soirée, il aurait fait figure de modéré. Pour leur premier débat dans le cadre des primaires pour l’élection présidentielle de 2008, les dix candidats à l’investiture républicaine se sont livrés à un exercice de surenchère sur le thème de la sécurité, de l’immigration et de la défense des valeurs religieuses et morales

Le débat se déroulait à la bibliothèque présidentielle de Ronald Reagan, en Californie. Chacun des participants - " dix hommes blancs d’âge mûr ", comme le remarque le journal sur Internet de la démocrate Arianna Huffington - s’est réclamé à un titre ou à un autre de l’ancien président, que ce soit pour son " optimisme ", comme Rudolf Giuliani, l’ancien maire de New York, ou sa " philosophie de la force ", comme Mitt Romney, l’ancien gouverneur du Massachusetts.

L’actuel président, George Bush, a été épargné. M. Giuliani lui a même rendu hommage. " Après le 11-Septembre, nous pensions que nous allions être attaqués de nouveau. Nous ne l’avons pas été. L’histoire lui en saura gré. " Tous sauf le Texan Ron Paul, un représentant de la tendance isolationniste du parti, ont maintenu leur soutien à la guerre en Irak. " Nous avons tenu bon face à l’URSS alors qu’ils avaient 40 000 têtes nucléaires et nous sommes tenus en échec par un pays du tiers-monde sans armée ni aviation ", s’est indigné M. Paul, l’unique opposant.

John McCain, qui sait que sa position n’est pas populaire, a tenu à se démarquer. Il a insisté sur les " terribles erreurs " qui ont suivi l’invasion de l’Irak. Il a aussi indiqué qu’il suivrait Oussama Ben Laden " jusqu’aux portes de l’enfer ". Mitt Romney a renchéri : " Il va payer et il mourra. "

Sur l’Iran, tous ont aussi prôné la plus grande fermeté. Le représentant de Californie Duncan Hunter a estimé que les Etats-Unis avaient " toute latitude au stade actuel pour empêcher les armes " iraniennes qui tuent des soldats américains de franchir la frontière. John McCain a répété qu’il était " impossible de laisser l’Iran avoir une arme nucléaire ". M. Giuliani a parlé de crédibilité. Lorsque le président iranien regarde le président américain, " il faut qu’il voie Ronald Reagan ", a-t-il dit.

Nancy Reagan, la veuve de l’ancien président, était présente. Cela n’a pas empêché huit des dix prétendants à s’opposer au financement public de la recherche sur les cellules souches, pour lequel elle fait campagne. Sur l’avortement, tous sauf un ont indiqué qu’ils accueilleraient avec enthousiasme toute décision de la Cour suprême revenant à interdire l’avortement. " Ce serait un jour glorieux de liberté pour l’homme ", a déclaré Sam Brownback. Seul Rudolf Guliani a gardé une certaine réserve. " Ce serait acceptable ", a-t-il dit, mais le contraire le serait aussi.

L’animateur Chris Matthews a enfin demandé à John McCain s’il croyait en l’évolution (l’un des sujets de la guerre culturelle entre la gauche et les fondamentalistes chrétiens). " Oui ", a répondu le candidat. " Qui ne croit pas en l’évolution ? ", a lancé le journaliste en direction des autres. Trois mains se sont levées (le sénateur du Kansas Sam Brownback, l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee, et le représentant du Colorado Tom Tancredo). M. McCain, qui s’est donné beaucoup de mal depuis un an pour se réconcilier avec la droite du parti, a repris la parole. " Quand je marche dans le Grand Canyon, je crois que c’est aussi l’oeuvre de Dieu. "

Corine Lesnes

© Le Monde





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élections présidentielles - Etats-Unis - Religion - Valeurs