Par AFP
Une « peine plancher de vingt ans » de réclusion criminelle a été requise jeudi contre Mickaël Tronchon, alias Phinéas, qui comparaît devant les assises du Rhône pour avoir tenté d’assassiner à coups de hache deux hommes dans le cadre d’une « croisade » raciste.
L’avocat général Jean Olivier Viout a souligné qu’il prenait « en compte l’altération du discernement (de l’accusé) au moment des faits et sa biographie ». Il n’a pas réclamé de peine de sûreté à son encontre afin, a-t-il souligné, de rendre la durée de sa détention adaptable à ses évolutions psychologiques.
Ce n’est qu’après « beaucoup d’hésitations » que le magistrat a demandé aux jurés de prononcer une peine de vingt ans, le « minimum décent » selon lui, pour sanctionner deux tentatives d’assassinats perpétrées en août 2004, la première à Villeurbanne (Rhône), contre un Français né en Algérie, et la seconde à Paris contre une septuagénaire marocaine.
Phinéas (référence à des membres de groupuscules néo-nazis américains) avait, après son premier crime, profané un cimetière juif, y laissant sa hache en évidence, afin de médiatiser sa « croisade ».
« Ce réquisitoire est un signe d’espoir », a estimé Me Alain Jakubowicz, avocat de plusieurs victimes et organisations anti-racistes. « On ne lui ferme pas la porte : avec les aménagements de peine possibles, il pourra, s’il continue à changer comme il semble avoir commencé à le faire, avoir une vie en sortant de prison, et devenir peut être un exemple », a-t-il ajouté.
Me Jean Boudot, conseil de l’accusé, a regretté que le réquisitoire, « excessif » selon lui, soit « appuyé sur la volonté de faire de Mickaël Tronchon un exemple dans la lutte nécessaire contre les idées nazies, alors qu’on n’a affaire qu’à un petit nazillon ».
« Il ne savait pas écrire Adolf Hitler, il traçait les croix gammées à l’envers, son racisme n’avait rien d’idélogique », a-t-il souligné.