Le Vatican jette l’anathème sur les chauffards. « La route est l’enfer du monde moderne », écrit-il, dans un document publié mardi 19 juin. Elle est le lieu de « la puissance, de la violence, de l’égoïsme, de l’homicide ». L’automobile est un « instrument de domination » prêtant à des comportements inadmissibles, voire criminels : l’excès de vitesse, la conduite en état d’ivresse, le dépassement dangereux, mais aussi « le manque de politesse, les gestes vulgaires, les imprécations, les jurons », qualifiés de péchés graves.
Rien n’échappe à la vigilance de ces « gendarmes » de l’Eglise qui, outre les infractions au code de la route, dénoncent la conduite inconsidérée des motos et des mobylettes, ou le danger des petites voitures entre les mains d’adolescents (ou de conducteurs plus âgés) roulant parfois sans permis. Ils vont jusqu’à rappeler la nécessité d’un contrôle technique régulier du véhicule, et suggèrent que « celui qui connaît Jésus-Christ » roule avec prudence.
Qu’il ne pense pas qu’à lui et ne soit pas pressé d’arriver. Après avoir serré sa ceinture, qu’il fasse le signe de croix et, pendant le voyage, récite son chapelet.
Un nouveau « code de la route » est proposé sous la forme des « dix commandements » du bon conducteur. Le premier est, bien sûr, le « Tu ne tueras pas ».
Les autres s’énoncent ainsi : « Que la route soit pour toi un instrument de communion entre les personnes, et non pas une manière de donner la mort ! Que la courtoisie, la correction et la prudence t’aident à surmonter les imprévus ! Que l’automobile ne soit pas pour toi une expression de pouvoir, ni une occasion de pécher ! Sois conscient de ta responsabilité envers autrui ! », etc.
Au conducteur, il est commandé d’être « charitable » avec toute victime d’un accident, avec ceux qui ne sont pas en état de conduire et qu’il faut « dissuader » de le faire. Les prêtres sont invités à « évangéliser les pécheurs au volant », par exemple dans les relais d’autoroute.
La rue est aussi le lieu de la prostitution, qualifiée d’« esclavage sexuel ».
Consacré au « peuple de la rue », ce document du Vatican condamne les violences faites aux « femmes de la rue », le « négoce homosexuel et transsexuel ». Il invite les pouvoirs publics à prendre en compte le drame des « enfants de la rue » (estimés à 100 millions dans le monde), et déplore enfin que les SDF « n’émeuvent plus » et « qu’une gêne croissante se fait jour envers ceux qui demandent l’aumône ».
Henri Tincq