Trois hommes d’une vingtaine d’années ont été écroués, samedi 23 juin, après leur mise en examen par un juge d’instruction de Quimper pour « destruction de biens d’utilité publique ou destinés à la décoration publique » et « destruction par incendie en bande organisée ». Ils sont soupçonnés d’avoir commis une dizaine d’actes de vandalisme et de profanations sur des calvaires et des croix du Finistère du sud, entre le 7 mai et le 20 mai, mais aussi d’avoir incendié, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 juin, la chapelle de la Croix, à Loqueffret. Cet édifice du XVIe siècle est inscrit au titre des monuments historiques.
Une quarantaine de gendarmes avaient procédé, jeudi 21 juin, à une série d’arrestations dans la région de Quimper. Sept personnes majeures, dont plusieurs femmes, avaient alors été placées en garde à vue. Quatre d’entre elles ont été remises en liberté sans avoir été présentées au magistrat instructeur. Les trois suspects auraient, selon Anne Kayanakis, procureure de Quimper, reconnu les faits.
Ces exactions qui consistaient, dans la plupart des cas, à mettre à bas des calvaires et des croix du pays fouesnantais et du pays bigouden étaient toujours signées du sigle « TABM » tracé à la peinture noire et d’une croix renversée.
Récupération
L’émotion provoquée par ces profanations avait incité le groupement de gendarmerie du Finistère à mettre en place une cellule de quinze enquêteurs renforcée par plusieurs experts de l’Institut d’identification criminelle de Paris. L’enquête s’est concentrée sur les milieux satanistes, de plus en plus nombreux, sinon actifs, en France.
De fait, quatre jours après l’incendie criminel de la chapelle de Loqueffret – point d’orgue des équipées nocturnes des vandales – une lettre signée « True Armorik Black Metal », correspondant au sigleTABM, était adressée au quotidien Le Télégramme de Brest.
Au nom d’un « groupuscule extrémiste anti-écclésiastique », les auteurs de cette lettre revendiquaient les dégradations et l’incendie destinés à « laver la terre d’Armorique des intrus qui y ont pris place sans le moindre respect pour ses racines celtiques » et menaçaient de « frapper encore et encore ».
Le Black Metal est un mouvement musical, s’articulant souvent autour d’un folklore macabre, et dont certains fans extrémistes n’hésitent pas à clamer leur admiration pour Satan.
Robert Belleret