INTERROGÉ dimanche 1er juillet au Grand Jury sur RTL, quelques heures après qu’une manifestation à l’appel du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable et du Réseau éducation sans frontières avait réuni à Paris entre 5 000 et 6 000 personnes contre la politique d’« immigration choisie », le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, Brice Hortefeux, a souligné qu’il s’en tenait à un « principe » : « Tout immigré en situation irrégulière a vocation à être reconduit à la frontière. Sauf, naturellement, situation particulière et difficile. » « Le principe, c’est la reconduite. Et la réalité, c’est aussi l’étude au cas par cas », a-t-il déclaré.
Evoquant les parents sans papiers d’enfants scolarisés, il a affirmé qu’il n’était« pas question d’accepter une nouvelle filière d’immigration clandestine ». « Dans aucun pays au monde le fait d’avoir des enfants scolarisés ne donne automatiquement droit à des papiers », a-t-il soutenu, estimant toutefois qu’« un enfant, quelle que soit la situation juridique de ses parents, doit être scolarisé. » En travaillant, un étranger sans papiers montre qu’« il a la volonté de s’intégrer », a reconnu Brice Hortefeux. Mais « doit-on traiter de la même manière celui qui travaille en situation illégale et celui qui est en situation légale ? », a-t-il interrogé, tout en déclarant être « le ministre des immigrés en situation légale ».
Dans l’affaire des salariés sans papiers et récemment licenciés du restaurant Buffalo Grill de Viry-Châtillon (Le Monde des 5 et 15 juin), le ministre a ainsi expliqué avoir « demandé à la préfecture de l’Essonne s’il y avait des immigrés légaux qui voudraient occuper les postes des salariés en situation illégale ».
Laetitia Van Eeckhout