Tout d’abord, on doit noter le fait que le catholicisme n’est plus la religion dominante, ni socialement ni culturellement : seulement 51% des Français se disent aujourd’hui catholiques, et le nombre de pratiquants réguliers n’est plus que de 5%, alors que celui des « sans religion » a augmenté de 3 points entre 1995 et 2006 (de 24 à 27%). S’ajoute à cela une vraie révolution des mœurs, aujourd’hui en rupture avec les normes catholiques en matière de vie familiale et de choix de sexualité : une dynamique de « laïcisation des mœurs » qui s’est accélérée depuis la fin des années 1960. C’est dans ce contexte global qu’il faut comprendre la deuxième grande évolution qui concerne le paysage religieux lui-même : déjà réduit dans son importance numérique, celui-ci s’est aussi diversifié, tant en termes de nombre de courants religieux présents sur le sol français, que du point de vue de leur composition interne. Cette diversité interne, et la nouvelle visibilité de certains groupes religieux actifs ou radicaux, ont entraîné depuis une quinzaine d’année des débats renouvelés sur la laïcité, sur ses principes et sur leur application concrète. La laïcité n’est ainsi plus associée de manière évidente à une « émancipation » vis-à-vis de la religion, et même l’idée de cadre commun du vivre ensemble n’est pas forcément comprise par tous de la même manière.
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