" Les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers ", rappellent les évêques. Ils éprouvent " l’urgence de faire entendre voix " : faute d’une " vision solidaire le codéveloppement, les mesures toujours plus restrictives (...) apparaîtront comme des concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation ".
Les protestants dénoncent avec force l’instauration d’un test génétique pour les personnes sollicitant un regroupement familial. " Cette intrusion dans la vie privée et l’intimité des familles nous choque ", écrivent-ils, soulignant que " la représentation nationale prohibe cette intrusion à l’égard des familles françaises " avec la loi sur la bioéthique. Ils dénoncent aussi les dispositions sur le droit d’asile, et les restrictions à l’accueil des sans-papiers dans les centres d’hébergement.
Certains députés et sénateurs de la majorité, proches des milieux chrétiens, partagent leurs analyses, notamment sur les tests ADN. " Nous sommes un certain nombre à avoir émis les plus vives réserves face à cette disposition, qui relève d’une méthode inquisitoriale et suspicieuse, et porte atteinte au secret familial ", reconnaît André Flajolet, député UMP du Pas-de-Calais, membre du Groupe de spiritualité des assemblées parlementaires, qui rassemble une centaine d’élus. " Si un passage en force est tenté, certains voteront contre ou s’abstiendront ", pronostique-t-il. " Quand les problèmes sont d’ordre éthique ou moral, on vote en conscience, au-delà des clivages politiques ", confirme Hugues Portelli, sénateur UMP du Val-d’Oise.
Stéphanie Le Bars