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Islam & Laïcité >> Revue de presse

L’esclavage en terre d’islam, un "fait musulman" qui perdure (AFP, 22 novembre)



PARIS, 22 nov 2007 (AFP) - Présentée comme la religion de la justice et de l’égalité où le croyant est seulement soumis à Dieu, l’islam n’a pourtant jamais milité pour l’abolition de l’esclavage, selon l’anthropologue Malek Chebel qui vient de publier à Paris une vaste enquête sur le sujet.

Fruit d’une documentation dense et d’un long voyage qui a conduit son auteur des rives de l’Atlantique à l’est asiatique en passant par l’Afrique et les pays du Golfe, "l’esclavage en terre d’islam", est une critique rare de cette religion par un musulman.

Selon l’auteur, le Coran évoque la question de l’esclavage dans 25 versets.

Si la tonalité d’ensemble "penche en faveur de l’esclave", il n’en reste pas moins que l’abolition "relève de la seule initiative du maitre".

"L’affranchissement est en soi une excellente chose mais s’il est recommandé par le Coran et pratiqué par le prophète, il est loin de constituer une obligation", relève M. Chebel.

Plus encore, "plusieurs versets entérinent l’infériorité de l’esclave par rapport au maître", et "déculpabilisent" cette relation, estime l’auteur qui va jusqu’à se gausser des orientalistes qui, selon lui, "étaient enclins à trouver à l’islam des excuses qu’il ne méritait pas".

En terre d’islam, la sémantique est riche pour évoquer les esclaves et de "dynastie en dynastie, de siècle en siècle, l’esclavage est devenu un fait musulman" qui ne soulève nulle part de "réprobation".

Et même parmi les esclaves il y a les "purs" qui contribuent à la propagation de la religion à l’image du noir Bilal al-Habachi, le premier muezzin de l’histoire de l’islam, ou du général berbère Tariq ibn Ziad qui conquit l’Andalousie donnant son nom au détroit de Gibraltar (Djebel Tariq, en arabe). Les "impurs" sont aujourd’hui les domestiques asiatiques dans les pays du Golfe. Car si les marchés de "chair humaine" n’existent plus, l’esclavage ne reste pas moins vivace sous d’autres formes, notamment dans les régions sahéliennes. Et Malek Chebel lance un "appel à la conscience des gouvernants musulmans actuels" qui ont des esclaves sur leur "sol" ou dans leurs "palais" pour la promulgation de lois abolitionnistes.

(L’esclavage en terre d’islam, par Malek Chebel, éditions Fayard, 496 pages, 24 euros).

ao/abm/soh/sh





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Esclavage - Islam