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Islam & Laïcité >> Revue de presse

A Riyad, Nicolas Sarkozy prêche " la diversité " des religions et cultures (Le Monde, 15 janvier)

Le président français a célébré " Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère ", exhortant les Saoudiens à " oeuvrer pour un islam ouvert, symbole d’ouverture d’esprit et de tolérance "

RIYAD ENVOYÉ SPÉCIAL

En visite à Riyad, le président français, Nicolas Sarkozy, s’est affranchi de la discrétion entourant les échanges bilatéraux avec le roi saoudien Abdallah pour formuler par petites touches, devant les membres du Conseil consultatif saoudien, tous nommés par le roi, lundi 14 janvier, sa vision des relations entre la France et le royaume, et plus largement avec le monde arabe dans son ensemble.

Consensuel, M. Sarkozy a joué du nouveau concept qui figure désormais à son répertoire, la " politique de civilisation ", qu’il a présentée comme " une politique de la diversité, une politique qui fait du respect de la diversité des opinions, des cultures, des croyances, des religions un principe universel ".

" La diversité n’est pas une valeur occidentale, c’est une valeur commune à toute civilisation ", a-t-il ajouté, estimant que les appels plus ou moins péremptoires à la démocratie émanant régulièrement de l’Europe et des Etats-Unis contrarient les échanges plus qu’ils ne les facilitent avec le monde arabe.

Rappelant son respect pour " ceux qui croient au ciel ", comme pour " ceux qui n’y croient pas - athée, franc-maçon, rationaliste - ", dans un royaume réputé pour la rigidité de sa lecture de l’islam, et après avoir loué " Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère, Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes ", le président français ne s’en est cependant pas tenu à un relativisme culturel interdisant toute critique. Au contraire.

Pour cela, il s’est appuyé sur la visite historique au Vatican, en novembre 2007, du roi Abdallah, et le discours de ce dernier lors du pèlerinage à La Mecque dans lequel il avait affirmé " qu’il y a dans toutes les religions, les croyances et les cultures, quelque chose d’universel qui permet à tous les hommes de se reconnaître comme faisant partie de l’humanité ". M. Sarkozy a ainsi exhorté ses auditeurs à s’engager dans la voie choisie par " ceux qui oeuvrent pour un islam ouvert, qui se souvient des siècles où il était le symbole de l’ouverture d’esprit et de la tolérance ", et par " ceux qui s’efforcent de concilier le progrès et la tradition, de faire la synthèse entre l’identité profonde de l’islam et la modernité sans choquer la conscience des croyants ".

" C’est ce que fait l’Arabie saoudite sous l’impulsion " du roi, a jugé le président français, en dépit de l’extrême timidité des réformes entreprises au cours des dernières années. " C’est ce que fait le président - Hosni - Moubarak en Egypte avec la sagesse qui est la sienne ", a-t-il ajouté. " C’est ce que fait " le roi du Maroc, Mohammed VI, " quand il fait évoluer le droit des femmes ", a-t-il conclu.

Gilles Paris

© Le Monde





* Thème(s) associé(s) à l'article :
Arabie Saoudite - Laïcité - Nicolas Sarkozy