Les débats se sont prolongés jusqu’à quatre heures du matin, jeudi 7 février, et ont opposé, parfois vigoureusement, les députés de la majorité (AKP) et ceux de l’opposition kémaliste (CHP). Mais la proposition de réforme de la Constitution destinée à lever l’interdiction du port du voile islamique dans les universités a été votée à une large majorité, par 401 voix contre 99. Le parti au pouvoir et le parti d’extrême droite MHP l’ont soutenue.
Le nouveau texte établit notamment que " personne ne peut être privé de son droit à l’enseignement supérieur ". La jurisprudence en vigueur depuis la fin des années 1980 interdisait aux jeunes femmes d’entrer sur les campus coiffées de leur foulard, au nom d’une application stricte du principe de laïcité. Pour l’opposition, cette mesure vise à " neutraliser la laïcité ".
La réforme doit encore être confirmée par un vote, samedi, et devra sans doute franchir l’obstacle de la Cour constitutionnelle pour entrer en vigueur. Le dirigeant du CHP, Deniz Baykal, a annoncé son intention de déposer un recours devant les juges. La composition de la Cour est aujourd’hui plutôt favorable à l’AKP. Mais, selon un proche observateur, " le vote - des juges - dépendra de la pression que vont mettre les militaires ". Pour peser sur la décision, les lobbies kémalistes doivent de nouveau se rassembler, samedi, à Ankara, autour du mausolée de Mustafa Kemal, symbole du régime laïque.
Guillaume Perrier
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