PARIS, 10 fév 2008 (AFP) - Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise menacée
de mort depuis plusieurs années en raison de ses prises de position sur l’islam,
explique à l’AFP se battre pour provoquer "un changement de mentalité" des
musulmans et un débat sur les fondements de cette religion.
Q- Vous avez souvent tenu des propos très virulents sur l’islam. Quel est le
sens de votre combat ?
R- Je me bats pour un changement de mentalité, pour que les musulmans
acceptent que les principes de la démocratie, de la liberté, sont bien plus
précieux que ceux de l’islam.
J’ai conscience d’être souvent provocante, mais c’est pour déclencher le
débat. J’ai voulu montrer que des filles, des femmes sont battues, retirées de
l’école, maltraitées, au nom de l’islam. Il faut s’élever contre cela, et à un
moment, il est nécessaire de parler de la religion.
Selon moi, l’islam n’est pas compatible avec la démocratie, même si les
musulmans peuvent vivre en démocratie. Je pense qu’il est inévitable de
commencer à s’interroger sur les principes musulmans.
Mais je mène mon combat avec des moyens pacifiques, sans appel à la
violence.
Q- Comment vivez-vous actuellement ? Etes vous toujours menacée ?
R - Les menaces sont permanentes, par e-mail ou sur des sites internet. Le
gouvernement néerlandais, dont je considère qu’il a une attitude immorale, ne veut plus assurer ma protection à l’extérieur du pays, prétextant que c’est de la responsabilité des Etats-Unis, où je vis.
J’assure ma protection grâce à des donations, mais au lieu de me dédier à
mon travail, je passe désormais mon temps à lever des fonds privés pour me
protéger.
Q- Vous êtes à Paris pour quelques jours, qu’attendez-vous de la France ?
R- J’espère que l’initiative des intellectuels français demandant ma
naturalisation aboutira, et qu’ainsi mes problèmes de sécurité seront résolus.
Pour cela, il faut que j’obtienne la nationalité française, ou, c’est une autre
option, que l’Union européenne mette en place un fonds qui protégerait les gens comme moi, dont les vies sont menacées en raison de leurs prises de position.
cf/ib/ei
AFP 19h16 - 10 FEV 08