La loi adoptée par le parlement français en mars 2004 interdisant les signes religieux ’ostensibles’ à l’école a produit d’étonnantes convergences, par-delà les clivages très tendus traversant toutes les familles politiques. Le clivage existant en France en effet entre un courant voulant utiliser le pouvoir d’Etat pour éradiquer la religion et un courant visant à permettre la confrontation pluraliste des croyances et idées s’est prolongé jusqu’à aujourd’hui. Or, pour quiconque se réclame d’un projet émancipateur, seule la deuxième approche permet de mettre l’accent sur le politique et le social et l’auto-organisation. Mais cela impose une conception de la laïcité associée à la démocratie participative. Il s’agit là d’un choix et d’un combat dont la laïcité n’est qu’un cadre. Il n’est pas question de taire ce qui divise, ou simplement différencie. Mais de le découvrir en marchant et pas par des barrières d’ignorances réciproques. La laïcité peut devenir alors attirante pour la majorité des croyants bien que l’ordre laïc fut et reste souvent présenté comme « anti-religieux ». Et les théologies de la libération en conflit avec les autorités ecclésiastiques ont besoin elles-mêmes d’un ordre laïc... Un article à la fois de positionnement et de synthèse sur les polémiques en France autour de la laïcité et de l’islam dans les milieux citoyens et militants.
Voir : http://www.resistingwomen.net/spip.php ?article231