Devenir(s) minoritaire(s). La conversion des Blanc‑he‑s à l’islam en France et aux États-Unis comme expérience de la minoration

Solène Brun et Juliette Galonnier
in Tracés. Revue de Sciences humaines

 

Dans un article récent, Éric Fassin (2014) revient sur la « débâcle » française dont la Coupe du monde 2010 a été le théâtre, et en particulier sur l’opposition
très médiatisée entre les joueurs Franck Ribéry et Yoann Gourcuff1. Selon lui, la manière dont les médias ont présenté cette opposition doit se comprendre comme une opposition raciale, où Ribéry se voit « déchu » de sa blanchité2 – blanchité dès lors incarnée de manière paradigmatique par Gourcuff. Si Fassin mobilise les questions relatives à la classe et à la sexualité pour rendre compte d’une opposition qui apparaît codée en termes raciaux3, l’élément déterminant d’un tel codage demeure la conversion de Ribéry à l’islam en 2006. Pour Fassin, c’est d’abord cette conversion qu’il faut comprendre comme le « franchissement d’une ligne clairement racialisée dans la société française contemporaine » (ibid., p. 247). Dans cet exemple, il semble que la conversion d’un Blanc à la religion musulmane suppose une déchéance du statut majoritaire et le renoncement aux privilèges qui lui sont associés. Que recouvre dès lors le devenir minoritaire des converti‑e‑s à l’islam et que révèle-t-il sur la nature de la frontière entre groupes majoritaire et minoritaire ? Le présent article explore cette question de manière comparative, en examinant le cas de la France et des États-Unis, deux contextes nationaux dans lesquels l’islam a été construit comme une religion minoritaire…/…

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