C’était la une du journal Le Monde daté du 5 octobre : « Banlieues, Islam : l’enquête qui dérange ». A l’intérieur, on découvre quelques résultats d’une enquête manifestement très sérieuse dirigée par Gilles Kepel (Sciences Po Paris) et financée par l’Institut Montaigne avec de gros moyens. Certes, ce chercheur – spécialiste de l’Islam – constate comme tout le monde « un renforcement du référent religieux » dans les quartiers pauvres, à commencer par le commerce halal et les mariages endogamiques. Mais il explique que « cette revendication identitaire ne doit pas être prise au pied de la lettre ; elle est aussi une manière de demander son intégration dans la société, pas forcément de rompre avec elle ». De plus, à la question « qu’est-ce qui vous frappe le plus à Clichy et Montfermeil ? », l’universitaire répond « d’abord l’ampleur du problème de l’emploi ». Enfin, il termine en insistant avant tout sur l’école et l’éducation. En résumé, il semble que ce rapport (dont, hélas, seul le résumé est accessible en ligne) rejoigne les constats que nous (les sociologues) faisons depuis des années. Dès lors, il faut bien le dire, on ne comprend pas pourquoi Le Monde a choisi ce titre, on ne comprend pas en quoi cette enquête « dérange ». Et nous sommes nombreux à nous être posé la question, à en juger par la chronique que le médiateur du Monde a dû consacrer à ce sujet le 8 octobre.
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