
Sur le site Islam Laïcité :
Dans le débat public français,on voit se développer ces temps-ci une réelle islamophobie entretenue surtout par des intellectuels et des journalistes. Point de vue de Laurent Muchielli, sociologue.
Lorsque les journalistes C. Imbert et O.Fallaci affichent leurs sentiments islamophobes, ils ne manquent pas à l’appui de leurs théories de faire allusion au sort des Musulmanes. Des Ni Putes ni soumises aux affaires du voile, les droits des musulmanes sont souvent invoqués au secours d’analyses rarement nuancées.
Compte-rendu de la réunion du 21 mars 2003
Pour le philosophe Alain Badiou, "la Loi foulardière n’exprime
qu’une chose : la peur des Occidentaux en général et des Français en particulier". Pourquoi ? : "Parce qu’ils sont coupables,
mais se disent innocents".
La présence des femmes musulmanes au cœur de l’Europe, et plus précisément celles coiffées d’un foulard islamique, interrogent le concept de citoyenneté. Parmi ces femmes musulmanes, certaines se positionnent non plus passivement comme objets d’étude mais bien en tant que sujets de l’Histoire. Vers une émancipation islamique au féminin ?
Télérama, Numero 2865
2004-12-11
Pour l’auteure, le féminisme islamique est dans l’ensemble plus radical que les féminismes laïques musulman. (publié dans « Al-Ahram Weekly », Le Caire, 17-23 janvier 2002)
« Rigidification du concept de laïcité », Dounia Bouzar affirme la possibilité d’un islam intégré dans la culture française, en analysant le phénomène de « ré-appropriation » de la religion perceptible chez les jeunes femmes notamment.
La question du voile est "l’arbre qui cache la forêt"des problèmes auxquels sont confrontées les femmes musulmanes, qui doivent constamment montrer "patte blanche" avant de pouvoir s’exprimer.
Pour Huguette Bello, députée de la Réunion, une loi sur le port du voile est inutile à la Réunion comme ailleurs. Le vrai problème se situe dans le désarroi de la jeunesse, qui est condamnée à l’individualisme du seul mode de vie qu’on lui propose.
Sur les 321 sénateurs, 20 ont voté contre dont 13 sénateurs communistes. Danielle Bidart fait partie de ces derniers ; pour elle, le caractère réducteur du texte de loi masque l’essentiel : la question de l’intégration.
Selon Jean-Claude Lefort, député communiste à l’Assemblée Nationale, la loi contre le port du foulard à l’école est "terriblement régressive et dangereuse".
La loi ne répond pas aux véritables menaces qui pèsent sur la laïcité, et ne servira pas à lutter contre les discriminations. L’argument de l’émancipation des élèves musulmanes est fallacieux,car "on ne protège pas les victimes en les prenant pour cible".
"Chaque être humain lit sa religion en fonction de ce qu’il est", et l’islam n’échappe pas à la règle. Ce qu’oublient souvent ceux qui aiment débattre du "statut de la femme musulmane"...
Comment une partie de la
gauche française peut-elle aujourd’hui se mêler aux islamophobes,
arabophobes ou autres ethnocentristes intolérants qui, chaque jour, se
font plus nombreux ? Comment des militants féministes,
anticapitalistes et antiracistes sincères peuvent-ils à ce point se
tromper de combat ?
Quels peuvent être les rapports entre laïcité et démocratie ? Quelle place peut avoir la religion dans l’espace public ? En quoi le port du voile renouvelle la question du rapport au corps ? Sur tous ces sujets, l’exemple de la Turquie peut éclairer le débat qui a lieu en France.
Le "débat sur la laïcité" s’est transformé en une véritable "hystérie politique", dans laquelle la question du voile a occulté les vrais problèmes, et a abouti, dans une communion autour de principes aseptisés, à une loi visant à interdire et exclure.
"Voilées" ou non, en France, les femmes ne sont pas du tout les égales des hommes. Analyse de Véronique De Rudder*
Après avoir exploré dans une précédente intervention le changement de paradigme féministe qui s’est opéré au sein de la oumma musulmane au cours des années 1990, la chercheuse de l’université de Georgetown s’intéresse au chapitre actuel du féminisme islamique.
Si son objectif de départ est légitime, le mouvement Ni Putes Ni Soumises commet une erreur en stigmatisant les musulmanes pratiquantes.
Saïda Kada analyse l’hystérie à l’œuvre vis-à-vis de la question de l’Islam et les conséquences de la loi sur la communauté musulmane. (18.06.04)
Saïda Kada analyse l’hystérie à l’œuvre vis-à-vis de la question de l’Islam et les conséquences de la loi sur la communauté musulmane.
Les travaux de la commission, loin d’être une avancée dans la nécessaire réflexion sur la laïcité, n’ont été qu’un paravent pour préparer l’opinion à une loi.
Mixité, apprentissage du Français, lutte contre les discriminations et mise en évidence des réussites sont les quatre principales revendications de la rencontre de Mulhouse.
Pour Khadija Marfouk "l’affaire du voile" vient surtout révéler l’hypocrisie incroyable de certains hommes politiques, d’intellectuels et de responsables musulmans. Point de vue.
Extrait de Les musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam, Sindbad, 2002
Contre la manipulation de l’Islam et l’ "ethnicisation des phénomènes sociaux", Dounia Bouzar affirme que le problème est avant tout politique et social, notamment en ce qui concerne la condition des femmes.
Qu’ils soient laïques, féministes ou politiques, les arguments des partisans de la loi contre le "voile" masquent l’essentiel : la non-acceptation de la présence de millions de Français d’origine arabe et de confession musulmane.
Le débat sur le foulard révèle l’urgence d’une politique forte pour
refonder l’idéal laïc.