
Sur le site Islam Laïcité :
Dans le débat public français,on voit se développer ces temps-ci une réelle islamophobie entretenue surtout par des intellectuels et des journalistes. Point de vue de Laurent Muchielli, sociologue.
Pour le philosophe Alain Badiou, "la Loi foulardière n’exprime
qu’une chose : la peur des Occidentaux en général et des Français en particulier". Pourquoi ? : "Parce qu’ils sont coupables,
mais se disent innocents".
Pour Huguette Bello, députée de la Réunion, une loi sur le port du voile est inutile à la Réunion comme ailleurs. Le vrai problème se situe dans le désarroi de la jeunesse, qui est condamnée à l’individualisme du seul mode de vie qu’on lui propose.
Sur les 321 sénateurs, 20 ont voté contre dont 13 sénateurs communistes. Danielle Bidart fait partie de ces derniers ; pour elle, le caractère réducteur du texte de loi masque l’essentiel : la question de l’intégration.
Selon Jean-Claude Lefort, député communiste à l’Assemblée Nationale, la loi contre le port du foulard à l’école est "terriblement régressive et dangereuse".
La loi ne répond pas aux véritables menaces qui pèsent sur la laïcité, et ne servira pas à lutter contre les discriminations. L’argument de l’émancipation des élèves musulmanes est fallacieux,car "on ne protège pas les victimes en les prenant pour cible".
Comment une partie de la
gauche française peut-elle aujourd’hui se mêler aux islamophobes,
arabophobes ou autres ethnocentristes intolérants qui, chaque jour, se
font plus nombreux ? Comment des militants féministes,
anticapitalistes et antiracistes sincères peuvent-ils à ce point se
tromper de combat ?
Au milieu d’un débat souvent irrationnel, un retour au texte de la loi de 1905 s’avère nécessaire, afin de connaître son évolution et ses limites. Pour mettre fin aux inégalités de fait entre les différents cultes, il faut privilégier une interprétation libérale de la loi, dans l’esprit des premiers législateurs.
Le "débat sur la laïcité" s’est transformé en une véritable "hystérie politique", dans laquelle la question du voile a occulté les vrais problèmes, et a abouti, dans une communion autour de principes aseptisés, à une loi visant à interdire et exclure.
REFLEXIONS ET PROPOSITIONS POUR LA COMMISSION INDEPENDANTE CHARGEE DE REFLECHIR A L’APPLICATION DU PRINCIPE DE LAÏCITE DANS LA REPUBLIQUE
Moins d’un an après la loi sur le port de signes religieux dans les établissements scolaires publics, le ministère de la santé a publié une circulaire relative à la laïcité dans les établissements de santé. Si cette circulaire contient des rappels utiles des principes de neutralité du personnel soignant, de non discrimination et d’égalité de traitement des patients, elle limite illégalement le choix, par le malade, de son praticien.
La loi sur la laïcité menace la religion sikh. Y a-t-il des minorités qui ne valent pas la peine d’être prises en considération ?
Les travaux de la commission, loin d’être une avancée dans la nécessaire réflexion sur la laïcité, n’ont été qu’un paravent pour préparer l’opinion à une loi.
Voici les résultats dans chaque groupe du vote solennel sur le projet interdisant les signes religieux à l’école, selon l’analyse du scrutin rendue publique après le vote.
Ce lundi 8 décembre 2003, les trois co-présidents du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF), s’adressent au Président de la République française, au sujet de la laïcité.
La mobilisation est nécessaire pour protester contre la loi sur le port du foulard. Cependant, il ne faut pas qu’elle se limite aux seuls musulmans ; le mouvement de résistance doit être ouvert à tous ceux et celles qui veulent se battre au nom de valeurs universelles.
Qu’ils soient laïques, féministes ou politiques, les arguments des partisans de la loi contre le "voile" masquent l’essentiel : la non-acceptation de la présence de millions de Français d’origine arabe et de confession musulmane.
Rappelant la mise en place et les fondements du "dispositif institutionnel" laïque, Driss El Yazami analyse l’"épreuve du pluralisme" que connaît la France, qui, loin d’être isolée, partage une "laïcité culturelle" commune à l’ensemble de l’Europe.