
Sur le site Islam Laïcité :
La nomination par le président Jacques Chirac d’une commission chargée de réfléchir sur la laïcité dans la République, au moment même où l’Assemblée nationale se penche sur le port de signes religieux à l’école, illustre la vigueur du débat qui traverse la société française. Il y a un siècle, l’adoption de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat marquait une étape décisive du combat pour la laïcité. Les discussions de l’époque permettent d’éclairer les enjeux actuels et de corriger quelques idées reçues.
La séparation des Eglises et de l’Etat en 1905 a introduit une nouvelle modification de l’articulation entre cité et religion en France, en mettant en place un dispositif libéral ouvert qui s’applique encore aujourd’hui. (18.06.04)
S’appuyant sur des exemples historiques et personnels, Jean Boussinesq fait appel à la tradition laïque française pour aborder la question de la visibilité de l’islam en France.-
Alain Gresh précise ce que devraient être les termes du débat, qui, au lieu d’être centré sur la peur du "communautarisme", devrait plutôt se référer à la tradition laïque de la République.
Dans les années 1990, les grands médias occidentaux ont largement souscrit à l’idée d’une "menace islamique". La vision générale que l’on a de l’"islam" s’est ainsi située à la convergence des sphères internationale et nationale. (Document d’archive de la Commission, 2000)
La laïcité est avant tout un construit historique propre à la France. Et c’est en tant que telle qu’elle doit être redéfinie aujourd’hui afin d’apaiser les tensions liées à l’Islam.
Au milieu d’un débat souvent irrationnel, un retour au texte de la loi de 1905 s’avère nécessaire, afin de connaître son évolution et ses limites. Pour mettre fin aux inégalités de fait entre les différents cultes, il faut privilégier une interprétation libérale de la loi, dans l’esprit des premiers législateurs.
L’instrument de rupture qu’était la loi de séparation à l’origine s’est mué en un facteur de neutralité. Elle structure aujourd’hui une société multiconfessionnelle dans laquelle l’islam n’a pas encore pris sa juste place.
Constatant l’absence de précision dans le vocabulaire employé, Jean Boussinesq propose une analyse du terme "laïcité" et met l’accent sur la notion de "mentalité laïque".
La Ligue des Droits de l’Homme se prononce sur la question du foulard pour dénoncer la stigmatisation dont souffrent les musulmans.
La récente décision du juge administratif annulant le bail emphytéotique conclu pour la réalisation d’une mosquée à Marseille et les conclusions similaires du commissaire du gouvernement du tribunal administratif de Cergy Pontoise à propos du projet de la mosquée de Montreuil annoncent-elles un revirement de jurisprudence qui ferait table rase d’un siècle d’interprétation libérale de la loi de 1905 ?
Rappelant la mise en place et les fondements du "dispositif institutionnel" laïque, Driss El Yazami analyse l’"épreuve du pluralisme" que connaît la France, qui, loin d’être isolée, partage une "laïcité culturelle" commune à l’ensemble de l’Europe.