Pour faciliter la consultation du site, nous regroupons divers articles dans des dossiers thématiques.
Ramadan et report d’un procès à Rennes. Lire
Le débat autour de "L’Europe et les apports de l’islam". Lire
La Halde et les sorties scolaires. Lire
Billets d’humeur et autres textes. Lire
Le féminisme musulman. Lire
Les musulmans dans l’Union européenne. Lire

Existe-t-il un féminisme musulman ?
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Islam, médias et opinions publiques, déconstruire le "choc des civilisations"
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Islam de France, Islams d’Europe
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Le groupe est constitué de chercheur-es, universitaires, intellectuel-les théologien-nes, et représentant-tes de la société civile, du Maghreb, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Amérique du Nord et d’Afrique.
La démarche scientifique du groupe s’inscrit dans le cadre du référentiel islamique dans une approche réformiste, ouverte sur les avancées de la pensée universelle et sur les réalités sociales contemporaines.
Le GIERFI entend promouvoir une pensée alternative sur la question des femmes en islam. Cette pensée, tout en réfutant l’idée d’un modèle unique de la libération et de l’émancipation des femmes, cherche à se forger une voie intermédiaire affranchie aussi bien d’une « modernité » sans âme, ni sens, que d’un traditionalisme fermé et rigoriste. Pour ce faire, le groupe projette de mener un travail de recherche et d’analyse approfondi sur les sources scripturaires de l’islam relatives à la question des femmes.
Le but étant de consolider dans les lois et dans les réalités sociales contemporaines, les valeurs d’égalité, d’équité, et de respect de la dignité humaine prônée par le Coran et la Sunna authentique. Car il est bien évident que ces valeurs qui constituent le fondement même du message islamique, ont été dénaturées par des lectures littéralistes et des interprétations socioculturelles réductrices des textes sacrés.
Il s’agit donc de promouvoir une réflexion intellectuelle et théologique à même de favoriser l’émergence d’une nouvelle conscience féminine musulmane capable d’être « actrice » de son propre changement à partir d’un référentiel islamique débarrassé des lectures erronées qui l’ont entaché au cours des siècles passés, et qui ont contribué autant à perpétuer des injustices flagrantes à l’égard des femmes, qu’à favoriser une représentation négative de l’Islam et des musulmans.
Le GIERFI entend revendiquer pour les femmes qualifiées, au nom de leur foi et de leur conviction en la justesse des valeurs prônées par l’Islam, le droit de procéder à une lecture des textes sacrés de l’Islam sur la base d’une perspective féminine.
Ce travail de recherche multidisciplinaire se fera en partenariat avec des chercheur-es, des Ulamä et ‘alimates, et des organismes nationaux et internationaux ayant les mêmes préoccupations scientifiques et oeuvrant pour les mêmes objectifs.
Par ailleurs, le GIERFI dont les membres fondatrices se composent de femmes musulmanes venant de différents horizons culturels et sociaux et liées par des valeurs spirituelles communes, s’inscrit en terme de revendications de droits et de luttes contre les discriminations de toutes sortes, dans le mouvement global du « Féminisme universel pluriel et diversifié » respectueux des différences identitaires, culturelles et référentielles.
Présentation du GIERFI, au siège de la Rabita Mohammadia des Oulémas du Maroc, Avenue Laalou- les Oudayas, le vendredi 24 octobre 2008 à 17h.
18H : Allocution d’ouverture du professeur Ahmed Abbadi, Secrétaire général de la Rabita des Oulémas du Maroc.
18h15 : Vision et objectifs du GIERFI : Dr Asma Lamrabet (Rabat), présidente du GIERFI
18h30 : Pour une relecture des textes sacrés à partir d’une perspective féminine, approches méthodologiques : Mme Aïcha El Hajjami (Marrakech), professeure-chercheure, coordinatrice du GIERFI-Maghreb :
18h45h : Féministes musulmanes en Europe : de la réappropriation du religieux aux stratégies de libération : Mme Malika Hamidi (Bruxelles), porte-parole du GIERFI et vice-présidente de l’Europeen Muslim Network
19h : Féminisme et Islam au Québec : état des lieux et perspectives : Mme Leila Bdeir (Montréal), Représentante du GIERFI-Canada
19h15 : Féminisme et droits humains universels : Karine Gantin (Paris), journaliste altermondialiste et Secrétaire générale de « Citoyennes des deux rives ». 19h 30 : Débat
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Un procès d’assises reporté à Rennes a suscité des débats dans la presse. Voici quelques textes relatifs à cette affaire :
Un article d’Alain Gresh, publié sur son blog
"Le tribunal fait le ramadan". Lire
Des articles de presse
Le ramadan au cœur d’une polémique judiciaire à Rennes (Le Monde, daté des 7 et 8 septembre 2008). Lire
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L’AJOURNEMENT d’un procès d’assises à la demande d’avocats qui invoquaient le ramadan a provoqué un tollé, vendredi 5 septembre. De SOS-Racisme au MRAP, en passant par Jean-Michel Baylet, le président du Parti radical de gauche, André Vallini, du PS, ou Jean-Marie Le Pen, des réactions d’indignation se sont succédé.
Le nouveau procureur général de Rennes, Léonard Bernard de la Gatinais, a démenti : " En aucune façon, le motif du ramadan n’a été retenu par moi pour ne pas m’opposer à ce renvoi, ce serait totalement contraire à tous les principes républicains de laïcité, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Je ne vois pas pourquoi l’institution judiciaire devrait arrêter de juger des personnes de confession musulmane qui observeraient le ramadan. " Le procureur général indique que la décision a été prise " au vu de plusieurs éléments ". La ministre de la justice, Rachida Dati, a estimé qu’il était " inconcevable " d’ajourner un procès pour cause de ramadan.
Cette polémique est un nouveau rebondissement dans une affaire déjà marquée par plusieurs incidents. Le procès, qui concerne une série de braquages commis en 2000 et 2001, a déjà été ajourné en février, quand les avocats ont découvert à l’audience qu’un des gendarmes ayant mené l’enquête avait été condamné pour harcèlement sexuel sur un témoin. Le gendarme attend le résultat de son pourvoi en cassation. Par ailleurs, deux personnes ayant témoigné contre les braqueurs doivent être jugées à Saint-Malo pour une affaire de stupéfiants, début 2009. " Au vu de tous ces éléments, j’ai estimé ne pas avoir à m’opposer à cette demande de renvoi, afin de retrouver au début de l’année prochaine un climat de sérénité dans cette affaire ", a expliqué M. de la Gatinais.
Cette argumentation laisse sceptique les avocats de la défense et des parties civiles. A deux reprises, durant l’été, les avocats de la défense avaient demandé l’ajournement du procès dans l’attente du règlement de ces deux procédures. A chaque fois, le parquet s’y est opposé.
Le 27 août, deux avocats de la défense, Yann Choucq et Antoine Comte, font une nouvelle tentative, en rappelant que le procès se déroule pendant le ramadan, en demandant de " prendre en considération que notre client appartient à cette confession - musulmane - " et ne " sera pas capable de se défendre ", après 14 jours de jeûne qui l’affaiblissent. Ils invoquent les risques d’inégalités entre accusés, et le respect des principes de non-discrimination.
Le président de cour d’assises, Joël Christien, donne aux parties jusqu’au 1er septembre pour donner leurs avis sur cette demande. Le 2 septembre, en constatant que les avocats de la défense se sont associés à la demande de renvoi, que le parquet ne s’y oppose pas, tout comme la plupart des avocats de la partie civile, il ordonne le renvoi au 19 janvier 2009, " pour la bonne administration de la justice ".
Franck Berton, l’un des avocats des accusés entend demander le dépaysement du dossier.
Alain Salles
© Le Monde
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http://blog.mondediplo.net/2008-09-06-Le-tribunal-fait-le-ramadan
Il y a quelques semaines, les médias nous avaient abreuvé avec l’histoire de la femme à la burqa à qui on avait refusé la nationalité française. J’avais noté,ironiquement, que la journaliste de Libération Caroline Coroller, dans le numéro du quotidien qui titrait sur tout la Une sur cette « affaire », écrivait : « Y a-t-il davantage de frictions entre la laïcité et l’islam ? Difficile à dire, le moindre incident concernant des musulmans étant systématiquement monté en épingle. ».
On prend les mêmes et on recommence. Rappelons les faits. Un procès pour braquage devait avoir lieu à Rennes. Il avait été reporté à plusieurs reprises, notamment après la découverte de la condamnation d’un enquêteur pour agression sexuelle sur un témoin (affaire actuellement en cassation) et parce que plusieurs autres témoins devaient être jugés dans une affaire de stupéfiants. Dans une lettre envoyée au président du tribunal, l’avocat Yann Choucq a invoqué, parmi d’autres motifs, le fait qu’un de ses client jeûnait. Dans Libération (6-7 septembre), il s’explique : « "Pourquoi cet emballement ? s’interroge-t-il. Y a-t-il des audiences à Noël où à la Toussaint, qui ne sont pas que je sache des fêtes républicaines ? N’est-il pas d’usage d’obtenir des reports pour cause de fêtes juives ou autres. Y aurait-il des religions plus respectables que d’autres ?" Surtout, l’avocat n’en fait pas une question "religieuse" mais seulement "un problème de discrimination" vis-à-vis de personnes qui auraient été affaiblies physiquement. "Pour suivre une audience d’assises sur trois semaines, il faut être en pleine possession de ses moyens, souligne-t-il, or ces personnes auraient été dans un état de grande faiblesse physique" ».
Pourquoi le parquet général de la cour d’appel ne s’est-il pas opposé à la décision ? Toujours dans le même article de Libération :
« Le parquet général de la cour d’appel de Rennes (Ille-et-Vilaine) a démenti vendredi que le "jeûne diurne" ait pu motiver l’ordonnance de renvoi d’un procès pour braquages qui devait s’ouvrir pour trois semaines le 16 septembre à Rennes, en plein ramadan. "Cela aurait été contraire à tous les principes républicains de laïcité, l’institution judiciaire ne va pas arrêter de juger des personnes de confession musulmane qui suivraient le ramadan", a affirmé le procureur général de la cour d’appel Léonard Bernard de la Gatinais. Si le parquet général ne s’est pas opposé à l’ordonnance de renvoi, qui mentionne pour seule justification "une bonne administration de la justice", ce n’est "en aucune façon le motif du ramadan qui a été retenu", a insisté le procureur. Il a évoqué des raisons procédurales et la nécessité de "retrouver un climat serein" dans une affaire ayant suscité déjà bien des remous. »
Dans son édition des 6 et 7 septembre, Libération titre en Une « Le tribunal fait le ramadan ». En illustration, la tranche de trois livres, le code pénal (en blanc) pris en sandwich entre la Bible (en bleu) et le Coran (en rouge). Un chapeau accompagne cette illustration : « Le soupçon qu’un procès à Rennes, ait pu être ajourné car l’accusé observait le jeûne musulman, suscite l’inquiétude des tenants d’une application stricte des principes laïcs. » Deux remarques sur cette présentation : la première est, bien évidemment, l’importance accordée à cette affaire (dès que l’on évoqué l’islam, cela fait la Une des journaux) ; l’hypocrisie, car l’illustration met sur le même plan la Bible et le Coran, alors que tout dans la présentation indique bien que c’est l’islam qui est le danger. Qui peut croire un seul instant que Libération pourrait titrer « Le tribunal fait shabat » ou « Le tribunal fait Pâques » ?
Sensationnalisme donc des médias. Cette affaire mérite-t-elle un tel ramdam ? Ou bien ne sert-elle qu’à encourager l’islamophobie en faisant croire que nous vivons une grande offensive de l’islam (toujours pointé, malgré les tentatives de faire croire que l’on s’attaque à "tous" les intégrismes) contre la République et la laïcité. Il est intéressant de noter que dans la frise qui couvre les pages 2 et 3 deLibération, et qui rappelle les articles 1 et 2 de la loi de 1905 (que le journal présente comme les articles 1 et 2 de la Constitution...), les exemples donnés concernent tous l’islam : le voile, le mariage annulé (virginité), la burqa et les créneaux des piscines (qui concerne aussi les juifs).
Libération consacre, en plus de sa Une, trois pages au sujet. Dans son éditorial intitulé « Exception », Laurent Joffrin écrit : « C’est contre l’intégrisme que la République se raidit et choisit, à juste titre, l’interdiction, comme dans le cas du foulard islamique. Ou encore quand le principe de l’égalité homme femme est violé. Le report d’une audience de justice pour cause - entre autres - de ramadan entre-t-il dans cette catégorie ? Ce serait vrai s’il servait de précédent et que soudain le calendrier judiciaire devait se calquer de manière aberrante sur celui des religions. Court-on vraiment ce risque ? On peut en douter. Et d’ailleurs qui le réclame ? Au pire la décision de la cour d’appel de Rennes est une concession - ou une maladresse - qui doit rester l’exception. Pour le reste, sans jamais oublier le principe général, on aurait tort, sauf à vouloir stigmatiser l’islam, de crier haro sur le ramadan, rite privé et pacifique. Gageons, en tout cas, que Ferry ne l’aurait pas fait… »
Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la ville, après avoir expliqué qu’elle ne commentait pas une décision de justice, affirme qu’étant « féministe et laïque », explique que la décision des magistrats rennais la « dérange. Des centaines de personnes se présentent à leur procès le ventre vide et affaiblies parce qu’ils sont pauvres, et on ne repousse pas pour autant le procès. Le religieux n’a rien à faire dans la justice. Il faut être extrêmement vigilant ».
Le ministère public aurait-il dû s’opposer à cette décision l’interroge Libération :
« Certainement, ça aurait été bien vu à mon avis. Des centaines de personnes qui font le ramadan vont travailler comme tout le monde. Mais ça relève du privé, de l’intime même. Ça n’a rien à voir ni avec la justice, ni l’espace public, encore moins la politique. »
A la page 4 du quotidien, pourtant, un texte intitulé « La justice s’arrange » montre que les accords à l’amiable sont courants pour cause religieuse :
« Un vendredi après midi, devant la 23e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. La salle est bondée, les affaires nombreuses. Un avocat explique que son client aimerait "ne pas rentrer trop tard" : il fait shabbat. Le tribunal fait passer l’affaire en premier. "Courant", "banal", témoignent la plupart des magistrats et avocats interrogés. « J’ai déjà demandé plusieurs fois des renvois pour des fêtes religieuses, kippour par exemple, dit Karine Shebabo, avocate à Paris. On les obtient sans difficultés." "Cela se fait discrètement, à l’amiable, parce que c’est l’intérêt de tous que les parties soient présentes et en forme au procès", renchérit un autre avocat, persuadé que le démenti du procureur général de Rennes, soutenu par la Chancellerie, vient du fait "qu’ils ne veulent pas assumer de positions publiques sur de tels sujets". »
Dans Le Figaro du 6 septembre, Yves Thréard a des accents martiaux avec son éditorial Debout la justice !
« Nul ne contestera que la machine judiciaire doive faire preuve d’humanité. Elle n’a pas, en revanche, à s’adapter aux cas particuliers, à « se coucher » devant les revendications religieuses, communautaristes ou identitaires des justiciables. Pas plus que l’école publique ne doit tolérer le port du foulard et de signes religieux, l’hôpital, des exceptions à la mixité de son personnel soignant ou encore les piscines, des horaires aménagés pour certaines catégories de visiteurs. Et pourquoi pas, demain, vider les bibliothèques de leurs ouvrages critiques sur telle ou telle confession ? »
« La pratique de l’islam est souvent en cause. Ne pas en accepter les manifestations les plus ostentatoires n’est pas faire preuve d’islamophobie. C’est au contraire favoriser l’intégration des millions de musulmans d’origine étrangère qui vivent dans notre pays. Et qui, dans leur immense majorité, ne réclament aucun régime spécial. »
« Les seules conditions recevables en France sont celles admises par la loi de ses représentants élus. Là s’arrête le droit de chacun de suivre ses traditions ou ses croyances. Capituler devant ce principe, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives et, partant, mettre en danger le pacte social français. »
Le seul élément étonnant de cet éditorial est qu’il n’ait pas évoqué « un nouveau Munich ».
Inexorablement, la lepénisation des esprits est en marche, encouragée par les médias...
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A L’OCCASION du ramadan, qui a commencé le 1er septembre, des centaines de prédicateurs venus du Maroc, d’Algérie ou de Turquie sont arrivés en France pour suppléer les imams exerçant dans les quelque 1 800 mosquées du pays, soulignant le manque de cadres religieux de qualité.
Leur formation, ainsi que le financement de l’islam de France constituent les principaux défis du mandat de Mohammed Moussaoui, nouveau président du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui a succédé, en juin, à Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.
L’appel à des prédicateurs étrangers durant le ramadan va-t-il perdurer ? Le CFCM peut-il y remédier ?
Il est vrai que le Maroc, par exemple, a envoyé près de 150 religieux en France pour assurer les lectures du Coran et les prêches durant ce mois où les fidèles viennent plus nombreux dans les lieux de culte. Cela fait une vingtaine d’années qu’il en est ainsi et je vois mal, dans les années à venir, la situation évoluer. Les besoins demeurent importants. Et il n’y a pas en France d’instituts de formation assez équipés en ressources humaines pour former assez d’imams. Aussi, même s’il est préférable que la formation ait lieu sur le sol français, on peut envisager, durant une période intermédiaire, d’envoyer des jeunes dans les universités des pays du Maghreb.
Le CFCM pour sa part n’a pas vocation à créer un institut de formation ; mais il lui revient de définir le cahier des charges opposable aux instituts de formation. Il devra aussi imposer aux associations qui emploient des imams de leur accorder un statut valorisant en termes financier et de carrière afin d’attirer les jeunes.
Les associations qui gèrent les mosquées comptent beaucoup sur le bénévolat ; le CFCM se plaint depuis sa création de son manque de moyens...
C’est vrai que l’islam de France manque d’argent. Aujourd’hui, on dépend des donateurs étrangers. La première génération a fait d’énormes sacrifices pour construire des lieux de culte mais on arrive à un essoufflement. Les plus jeunes ont peut-être moins le goût du sacrifice et il est plus difficile de mobiliser sur un projet éducatif, par exemple, que sur la construction d’une mosquée.
Il faudrait que la Fondation pour les oeuvres de l’islam - créée en octobre 2007, elle est censée mutualiser les fonds destinés à l’islam en France - parvienne à décoller ; mais elle est mal partie. Quand il s’agit d’aller chercher des donateurs, chaque fédération - d’associations musulmanes - cherche à financer ses propres projets. La Fondation n’est pas encore considérée par les musulmans comme un bien commun. Il nous faut apprendre à travailler ensemble, car on a un destin commun. Mais le CFCM n’a que cinq ans ; la Fondation encore moins.
Enfin, il faudra que le CFCM invente des mécanismes de financement et remette sur la table l’idée d’une taxe sur la viande hallal et sur les agences de voyages qui organisent le pèlerinage à La Mecque.
Dalil Boubakeur avait instauré la tradition des iftar - ruptures de jeûne - politiques, invitant des membres du gouvernement et même, en 2007, le président de la République. Le nouveau CFCM va-t-il en faire autant ?
Le CFCM n’a pas beaucoup de moyens et ces dîners demandent une organisation très lourde. Néanmoins, le 16 septembre, nous inviterons la ministre de l’intérieur à partager ce moment. L’iftar se tiendra à la Grande Mosquée d’Evry (Essonne). Mais je rappelle que le mois du ramadan est avant tout un mois de spiritualité.
Propos recueillis par Stéphanie Le Bars
© Le Monde
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Les activités du GIERFI, Groupe International d’Étude et de Réflexion sur Femmes et Islam, seront lancées le 24 octobre à Rabat.
Vous trouverez ici le communiqué de presse et le programme de cette journée. Lire
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À lire sur le site de Multitudes : "L’affaire du voile », deux ans après : un consensus lourd de conséquences"
À voir absolument, le blog du collectif des Féministes pour l’égalité
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