Rapport annuel sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie

A l’occasion de l’édition 2014 de son rapport annuel sur le racisme, l’antismétisme et la xénophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Rapporteur national sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme depuis 25 ans, a organisé une conférence de presse le 9 avril 2015 au cours de laquelle la Présidente de la CNCDH, Christine Lazerges, accompagnée de chercheurs de Sciences Po, a présenté les grandes lignes de ce rapport.

Les Essentiels du rapport racisme 2014 reprennent les points majeurs des analyses de la CNCDH ainsi que les résultats d’un sondage d’opinion effectué à la suite des attentats de janvier 2015.

Entretien avec Christine Lazerges, Présidente de la CNCDH sur le rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie 2014

1) Quel est l’intérêt de faire chaque année un rapport sur le racisme ? Est-ce encore aujourd’hui un problème d’actualité qui mérite une telle attention ?

En reprenant la belle formule de Badinter, la CNCDH est une « compagnie de vigilants ». Ainsi, sur le sujet du racisme, sa vigilance s’exerce depuis un quart de siècle, en tant qu’institution choisie par le Parlement pour exercer le rôle de Rapporteur national sur la lutte contre le racisme. Elle a donc acquis une expertise qui lui permet de comprendre les évolutions, de les analyser et de voir émerger et creuser quelques problématiques spécifiques, d’une année à l’autre.

En outre, le travail de la CNCDH sur ces questions ne se limite pas seulement à une évaluation du phénomène, mais également à une mission de conseil à l’attention des pouvoirs publics ce qui la conduit à formuler des recommandations.

2) Pourquoi faire un sondage par enquête d’opinion ? Les chiffres comptabilisés par le ministère de l’Intérieur ne suffisent-ils pas en eux-mêmes à illustrer le phénomène raciste en France ?

Les chiffres des infractions à caractère raciste recensées par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice, sur la base des plaintes déposées, n’est que l’écume des choses. En effet, quantité de personnes qui se retrouvent confrontées à un acte ou une menace de nature raciste ou antisémite n’osent pas déposer plainte, ou encore se découragent devant la complexité des procédures.

C’est pourquoi la CNCDH considère que réaliser un sondage d’opinion est indispensable pour acquérir une vision plus précise du phénomène raciste en France. En effet, cette enquête permet de saisir des opinions, de les mesurer, et d’aller ainsi au-delà des seules infractions pénales.

3) Quelles sont les grandes tendances observées dans l’opinion publique française en matière de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie ?

L’analyse de l’opinion publique française a permis à la CNCDH de relever quatre sujets préoccupants : la recrudescence des préjugés antisémites ; la montée de l’intolérance à l’égard des rites de l’islam ; la banalisation du racisme à l’égard des Roms tant biologisant que culturel ; l’émergence d’une conception dévoyée de la laïcité et du principe de neutralité de l’Etat comme rempart à l’Islam, en ce que la laïcité n’est plus un outil d’apaisement mais un prétexte au rejet des différences.

Cependant, le sondage d’opinion révèle un sujet d’espérance. En effet, depuis la crise économique, c’est-à-dire près de cinq ans, l’indice longitudinal de tolérance portait la preuve d’un recul de la tolérance qui ne cessait d’alarmer.

Or, cette année la CNCDH a pu observer une stabilisation de l’indice de tolérance, puis avec les résultats du sondage flash mené en mars 2015 un mouvement de plus grande cohésion nationale.

4) Quels sont les autres enseignements de ce sondage réalisé après les attentats de janvier 2015 ?

Il parait important, au préalable, de dire que la CNCDH ne pouvait occulter les évènements du début de l’année et a donc tenté d’en mesurer l’imapct par un sondage d’opinion. Ces résultats ont ainsi permis de conforter la robustesse des analyses faites en 2014.

Ce sondage fait également état, dans l’opinion publique française, d’une demande de sécurité, d’une véritable peur du terrorisme, et nous apprend également que pendant le seul mois de janvier 2015 les actes antimusulmans recensés ont été plus nombreux que sur toute l’année 2014.

Ainsi, le bilan est en demi-teinte. Toutefois, on a pu observer que la réponse républicaine du gouvernement avait été bien accueillie et soutenue et que les français aiment à dire qu’ils ont participé à la grande marche républicaine du 11 janvier, et lorsqu’ils n’ont pu y participer, ils sont très nombreux à en exprimer le regret.

5) Quels sont les nouveautés ou les angles particuliers de ce rapport 2014 ?

Dans le rapport sur le racisme 2014, la CNCDH a consacré deux chapitres à des problèmes extrêmement graves, d’une part la situation des Roms trop souvent oubliés ou même rejetés par la société française, et d’autre part, le développement insoutenable du racisme sur internet à l’égard des juifs et des musulmans.

De plus, le rapport sur le racisme 2014 bénéficie d’une contribution du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, de neuf contributions d’acteurs institutionnels et de dix contributions de la société civile.

6) En tant que Rapporteur national sur la lutte contre le racisme, que fait la CNCDH en dehors du rapport annuel ?

La CNCDH entretient un partenariat étroit avec les organisations internationales, comme la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe, mais également avec des institutions nationales comme la Délégation interministérielle contre le racisme et l’antisémitisme.

Elle suit les problèmes qui lui paraissent les plus difficiles, ce qui l’a conduit en 2014 à adopter une série d’avis sur les questions de racisme et d’intolérance, par exemple un avis sur les droits fondamentaux des personnes vivant en bidonvilles (ce qui concerne essentiellement les populations roms), un avis sur les discours de haine sur internet ou encore un avis sur les violences commises à raison de l’identité sexuelle.

De plus, dans sa mission d’éducation aux droits de l’homme, la CNCDH a coproduit des films pédagogiques à destination des élèves de l’école primaire sur le respect et la richesse des différences.

 

Lien vers le site de la Documentation française pour acheter le rapport racisme : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ouvrages/9782110098979-la-lutte-contre-le-racisme-l-antisemitisme-et-la-xenophobie

 

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Déclaration commune : Il ne faut pas toucher à la loi de 1905 !

Il faut défendre les libertés publiques !

Les associations laïques : Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme
et Fédération nationale de la Libre Pensée ont décidé de rendre publique cette déclaration
au vu de la situation préoccupante qui existe dans ce pays aujourd’hui [1].

La laïcité, qui est le libre exercice de sa conscience, est garantie par la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905. Elle est aujourd’hui menacée par ceux qui veulent en faire un instrument contre une certaine catégorie de la population: les citoyens d’origine arabo-musulmane.

Ainsi, on entend interdire les repas de substitution dans les cantines des collectivités publiques pour les végétariens et les personnes ne voulant pas, pour des raisons diverses, manger du porc. Imposer une nourriture contraire aux convictions personnelles, ne relève pas de la laïcité, mais de la xénophobie. S’il est juste d’un point de vue laïque de refuser de diffuser dans les collectivités publiques les produits casher et hallal, imposer des repas avec de la viande de porc relève de la discrimination.

Ainsi, on entend réclamer l’interdiction du voile dit « islamique » à l’Université. Rappelons qu’il existe, dans les facultés, les franchises universitaires qui sont des libertés arrachées au pouvoir et aux clergés. Remettre en cause les libertés universitaires ne relève pas de la laïcité, mais d’une remise en cause de la démocratie.

Ainsi une proposition de loi qui doit être examinée en mai prévoit la modification du Code du Travail; on veut y intégrer des dispositions relevant de la sphère publique et de la nécessaire neutralité des agents des Fonctions publiques. Le Code du Travail régit les rapports entre les dirigeants d’entreprise et les salariés. Au sein des entreprises, la liberté de conscience est régie par l’Article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Continuez la lecture

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« L’école, entre laïcité et discriminations »

Samedi 30 mai de 14h à 17h

A la Maison Fraternelle, 37, rue Tournefort – 75005 Paris

Avec Aissa Kadri et Clémentine Vivarelli

Entrée libre 

 

« Les enquêtes menées sur les enseignants dits ‘’issus des immigrations’’ et leurs rapports à la laïcité ».

Aïssa Kadri présentera les résultats de deux enquêtes qu’il a dirigées et qui portent sur le corps enseignant français. La première concerne les discriminations lors des procédures d’orientation vers l’enseignement supérieur et les métiers. La deuxième porte sur les enseignants issus des immigrations dans leur rapport à la laïcité.

Aissa Kadri a été directeur de l’Institut Maghreb-Europe (Université Paris 8) et est aujourd’hui professeur émérite de l’université de Paris8. Ses travaux portent sur les Intellectuels et Intelligentsias au Maghreb et en immigration. Il dirige actuellement un programme européen de recherches surles « révoltes arabes » et vient de publier Instituteurs et enseignants en Algérie. 1945-1975 et La guerre d’Algérie revisitée. Nouvelles générations, nouveaux regards, aux Éditions Karthala.

 

« La mise en application de la laïcité à l’école, entre pragmatisme et conviction »

Comment les acteurs scolaires conçoivent-ils et mettent-ils en application le principe de laïcité dans le quotidien des établissements scolaires ? Comment encadrent-ils les signes religieux depuis la promulgation de la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires, ainsi que les manifestations religieuses dans différentes temporalités scolaires (alimentation, pratique sportive, fonctionnement des internats, sorties scolaires, manifestations culturelles…) ? Cette intervention aura pour but de répondre à ces questions en faisant notamment état des résultats d’une enquête de terrain sociologique réalisée dans des collèges et lycées publics à Strasbourg de 2007 à 2012.

Clémentine Vivarelli est docteure en sociologie diplômée de l’Université de Strasbourg, où elle a soutenu une thèse de doctorat sur la laïcité à l’école en 2014. Elle dispense aussi de nombreuses formations auprès de (futurs) professionnels du secteur public (santé, social, associatif, fonction publique, etc.) sur le fait religieux et la mise en application du principe de laïcité.

+ d’infos :  secretariat@islamlaicite.org

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Proposition faite lors de l’assemblée de convergence autour de Religion/Émancipation (FSM, Tunis, mars 2015)

La commission Islam et Laïcité (www.islamlaicite.org) qui, depuis dix ans, réunit des acteurs de différentes sensibilités religieuses et non religieuses, est un lieu de débats, mais aussi d’organisation et de sensibilisation, sur le thème de la place de l’islam et des musulmans dans la société française dont ils font pleinement partie ; elle se porte en défense des libertés et des droits égaux des musulmans de France, et lutte contre l’islamophobie et les discriminations. La Commission Islam et Laïcité défend ainsi les vrais principes de laïcité, tels qu’ils ont été énoncés en 1905, principes qui imposent l’égalité de traitement de tous les croyants et non-croyants.

C’est dans cet esprit que la Commission Islam et Laïcité propose d’organiser à Paris, au printemps 2016, une journée sur le thème « Pluralité, religions, émancipation », comme étape vers les débats qui devront se poursuivre dans d’autres pays et lors du prochain FSM. Cette journée sera ouverte au plus grand nombre de pays possibles, mais d’abord aux participants européens.

La société dans laquelle nous vivons est désormais largement plurielle, au niveau local comme au niveau global. Cette pluralité est encore largement déniée, plus encore en France que dans les autres pays européens. En France, ce déni passe par le dévoiement et l’instrumentalisation de la laïcité, aboutissant ainsi à des stigmatisations qui, au-delà même de l’islamophobie et de la promulgation de véritables lois d’exception, prennent parfois le visage de la haine de la religion. C’est pourquoi il nous paraît important que cette journée de débat, de réflexion, de propositions, se déroule en France.

Il faut en effet rappeler, dans une perspective internationale, qu’au delà de la pesanteur des clergés et des hiérarchies, les religions ont pu être et peuvent encore des voies d’émancipation sociale et politique. Il faut établir des solidarités, par dessus les positions   nationales et partisanes pour promouvoir la pluralité des démarches émancipatrices, dans un mouvement où non-croyants et croyants de diverses obédiences se retrouvent autour de l’adhésion à des principes communs, et de l’affirmation des mêmes droits pour tous.

 

Une première réunion rassemblant toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’associer à ce projet sera organisée en juin 2015.

Elles et ils peuvent d’ores et déjà prendre contact par mail avec le secrétariat de la Commission Islam et Laïcité : secretariat@islamlaicite.org

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Derrière des conceptions faussées de la laïcité, se nichent des offensives visant à opposer les citoyens entre eux

 

Communiqué sur le site du PCF, 3 avril 2014 : http://www.pcf.fr/6914

La RATP a cru devoir interdire dans le métro parisien un affichage pour un concert à l’Olympia par une chorale patronnée par l’évêque de Gap au motif que les affiches portaient la mention « au profit des chrétiens d’Orient » ce qui rendrait ces affiches et cette mention contraires à la laïcité. L’affichage a dû être modifié. Le PCF proteste contre cette atteinte à la liberté d’expression (religieuse en l’occurrence) qui en outre est une atteinte à la liberté d’agir pour la solidarité envers des populations persécutées. Déjà il y a trois ans la RATP avait interdit pour le même motif, à tort, une campagne contre l’islamophobie. 

Sous couvert d’une sorte de dogme et dans une attitude d’intransigeance mal-placée, la laïcité est de plus en plus souvent invoquée à contre-sens, comme on a également pu le voir à l’occasion d’une nouvelle polémique sur les repas de substitution dans les cantines scolaires. Dernièrement une jeune femme de confession musulmane enceinte de huit mois a été violemment agressée en raison de sa tenue vestimentaire. A nouveau, des propositions sont faites à droite pour interdire le port du voile dans l’espace public et les universités, visant à alimenter l’affrontement identitaire et la stigmatisation des musulmans. Ce n’est pas le hasard si le Front national s’est particulièrement mis en avant sur ce terrain de façon constante et répétée.

La laïcité, principe républicain essentiel, condition d’un vivre ensemble harmonieux, n’a nul besoin d’interdictions de ce genre. Elle appelle à mener les batailles pour la liberté de pensée et la liberté d’expression comme pour l’égalité de droits réelle et effective, pour une souveraineté populaire pleine et entière. Derrière ces conceptions faussées de la laïcité, se nichent des offensives visant à opposer les citoyens sur des lignes religieuses, à alimenter les comportements racistes, et à diviser le peuple pour le plus grand bénéfice du capitalisme.

Commission laïcité et relations avec les croyants et lutte contre les discriminations du PCF

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Jeudi 9 avril à 18h à la LDH

Réunion des adhérents de la Commission Islam et Laïcité sur  la Situation des jeunes musulmans en France avec : PSM (Participation et Spiritualité Musulmane), CMF (Collectif des Musulmans de France), Ali Rahni et l’UOIF(Union des Organisations Islamiques de France).

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La laïcité: notion biaisée par les politiques

LIBERATION, SONYA FAURE 27 MARS 2015

Dans le milieu universitaire, l’obsession du voile et des menus de cantine font bondir une majorité de chercheurs.
Depuis 1991 et la création d’une chaire d’histoire et de sociologie de la laïcité à l’EPHE, une cinquantaine d’universitaires débattent du concept. Ces chercheurs, qui privilégient une approche ouverte, reconnaissent avoir du mal à convaincre les élus.

On la voit dans les côtelettes de porc servies à la cantine. On va la chercher dans les cheveux des puéricultrices de crèches et des étudiantes de fac. «La laïcité est récemment devenue la quatrième valeur de la devise républicaine française», note Valentine Zuber, historienne. Problème : alors que, depuis les attentats de janvier, les dirigeants politiques, à droite bien sûr mais aussi à gauche, ont convoqué la laïcité pour sceller l’union nationale, personne ne s’entend en réalité sur ce qu’elle signifie. Ce mot devenu parapluie, mécompris, distordu, et parfois instrumentalisé, abrite désormais des versions opposées. Laïcité libérale ou extensive ? Pour les partisans de la première, l’Etat doit être neutre et se borner à organiser la coexistence des convictions de chacun. Pour les seconds, les citoyens doivent aussi accepter de devenir un peu plus neutres dans l’espace public. Les premiers mettent au-dessus la libre expression individuelle et donc des croyances ; les seconds privilégient une cohésion nationale qui nécessiterait de lisser les différences culturelles ou cultuelles.
Qu’en disent les universitaires qui travaillent, précisément, sur la laïcité ? Que nous apprennent-ils sur ce mot polyphonique ? Premier constat : dans le milieu universitaire, l’obsession du voile et des menus à la cantine, brandie par Nicolas Sarkozy pendant la campagne des départementales, et plus largement le besoin de refonder la laïcité dans un sens plus restrictif, font bondir une majorité de chercheurs. Ceux-là dénoncent un dangereux dévoiement du concept par la classe politique. «Ces discriminations légales [envers les femmes voilées, ndlr] sont en train de construire un régime juridique d’exception, qui bafoue le droit à l’éducation et le droit au travail», écrivaient ainsi Marielle Debos, Abdellali Hajjat, Stéphanie Hennette Vauchez dans Libération (édition du 11 mars). Continuez la lecture

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« Oui, les musulmans sont en accord avec la République »

CNRS Le Journal, 31.03.2015,
La plupart des médias et des politiques continuent de diffuser l’image de musulmans tiraillés entre leur supposée identité religieuse et leur adhésion aux valeurs de la République. La chercheuse Nadia Marzouki nous explique pourquoi cette vision n’est pas fondée.

Parmi les nombreuses interrogations suscitées par les attentats de janvier, la question de la prétendue incompatibilité de l’islam avec la laïcité est, une fois de plus, apparue au premier plan. Face à la énième réitération de ce débat dans les champs médiatique et politique, on sent une certaine lassitude, voire du découragement, chez les chercheurs spécialistes de l’islam en France. Car cela fait au moins depuis les années 1990 que les enquêtes de sciences sociales ont fait apparaître la non-pertinence de questions du type « peut-on réformer l’islam ? » ou « l’islam est-il compatible avec… ? ». Ce que montrent tous ces travaux, c’est que la question de la sécularisation n’a de sens que lorsqu’elle est posée au niveau des pratiques concrètes et que, de ce point de vue, la majorité des musulmans français s’accommodent très bien des règles de la laïcité. Plutôt que demander si l’islam est compatible avec la laïcité ou comment le réformer, il convient aujourd’hui de se demander pourquoi le fait accompli de la sécularisation des musulmans français est toujours en question.

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Forum Social Mondial 2015

Quelque 4 300 organisations de 120 pays vont participer à Tunis, du 24 au 28 mars,  au FSM  et débattre des questions sociales culturelles et géopolitiques d’actualité.
La Commission Islam et Laïcité participe au Forum sur le thème « Religion et émancipation ».
Vous pouvez télécharger la contribution de Pierre Saly à cette thématique : Religion et émancipation

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Que recouvre le terme d’islamophobie?

Racisme et actes xénophobes

L’Humanité

Mercredi, 18 Mars, 2015

AFP
Débat avec Marwan Mohammed Sociologue chargé de recherches 
au CNRS Éric Coquerel Coordinateur politique du PG, conseiller régional d’Île-de-France et David 
Isaac Haziza Ancien élève 
de l’ENS ULM, doctorant 
à Columbia University
  • Islamophobie et critique des religions. Au-delà des mots par Marwan Mohammed Sociologue chargé de recherches 
au CNRS

Dans un communiqué du 12 mars 2015, l’un des leaders du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s’est réjoui de la condamnation, pour diffamation à son encontre, d’Alain Juppé, de Jean-François Copé et de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui l’avaient accusé de nourrir l’antisémitisme. En conclusion de son communiqué, M. Mélenchon rappelle à juste titre que « cette banalisation dans l’accusation d’antisémitisme est irresponsable et dangereuse pour la République ». Ce qui est dit très justement dans cette phrase, c’est que certaines utilisations des mots qui nous servent à désigner les différentes formes de racisme sont malhonnêtes, dangereuses et parfois simplement erronées. Et il a raison. Mais le problème vient-il des mots ? Non. Faut-il les bannir en raison de leurs mésusages ? Non plus, et tant mieux, car, par exemple, le mot antisémitisme, malgré ses nombreuses imperfections, est nécessaire pour désigner cette forme de racisme qui, comme toutes les autres, est odieuse, a sa propre histoire et vise une partie spécifique de la population (ce qui ne doit pas occulter la nécessité de combattre tous les racismes ensemble, dans la convergence et sans hiérarchisation). La nécessité de distinguer un concept et ses usages est donc une idée banale qui pourrait s’appliquer au mot islamophobie, mais que refusent des personnalités publiques et des organisations, dont le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Ceux qui pointent le fait qu’il y a un risque de pervertir le terme d’islamophobie pour faire taire toute critique de la religion musulmane ont raison sur le fond. Mais est-ce le terme ou certains de ses usages qui posent problème ? Faudrait-il alors bannir tous les mots susceptibles d’être instrumentalisés ? Pour dépasser ces polémiques sans fin et parfois douteuses sur le terme d’islamophobie – au lieu de se focaliser sur la réalité de plus en plus alarmante qu’il désigne –, il est toujours possible d’exercer ce sens critique, que l’on chérit tant, sur les usages dont il fait l’objet dans le débat public. Continuez la lecture

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