Attentats de janvier 2015 : le séisme et ses répliques

Robert Bistolfi

dans Confluences Méditerranée, numéro d’été : « Crises sans frontières »

 

 

Les valeurs républicaines à l’épreuve

Tout tremblement de terre s’accompagne de répliques, et celles générées par les deux attentats de janvier 2015 (contre Charlie Hebdo et le magasin cacher) pourraient se révéler aussi dangereuses – sinon plus – que les attentats eux-mêmes. Au-delà de toutes leurs attentes, les terroristes auraient-ils vaincu, avec des moyens dérisoires, en touchant la démocratie au cœur ? Un simple suivi au jour le jour, dans la presse, de ce qu’ont été les réponses gouvernementales et les réactions de certains responsables politiques conduit à additionner les interrogations préoccupantes. Elles portent davantage sur les fragilités d’ensemble de la société française que sur l’adhésion de sa composante de culture musulmane aux valeurs de la République. Sur fond d’islamophobie croissante, la nature des dispositions sécuritaires, l’abandon des quartiers sensibles, l’institution laïque dérivant en idéologie autoritaire… laisse mal augurer de l’avenir.  

L’unanimisme dans la condamnation des attentats de Charlie Hebdo et du magasin cacher a pu faire illusion: Dieu sait si les valeurs de la République ont été exaltées alors! Mais les musulmans ne s’y sont pas trompés: ils ont été peu nombreux dans les manifestations, non pas que les principes de base de la légalité républicaine puissent poser problème à l’immense majorité d’entre eux, mais ils savent d’expérience que la fraternité dont on parle abondamment les excluait, que l’égalité leur serait contestée, et que la liberté d’être eux-mêmes ne serait jamais admise que dans un espace très – trop – contraignant.

Parmi les millions de personnes qui ont manifesté dans l’émotion, nombreux ont sans doute été ceux qui ont voulu affirmer leur attachement à des libertés conquises jadis de haute lutte, en disant aussi leur espoir que l’action de l’Etat sera à la hauteur des défis collectifs de l’heure. Mais au-delà – et reflétant l’ampleur du désarroi – l’aspiration à une « démocratie autoritaire » s’est aussi exprimée beaucoup plus librement, avec une polarisation du malaise sur l’islam et les musulmans. Une étude du Cevipof (Centre de recherches de l’Institut de Sciences Politiques) le confirme : pour 56% des sondés, l’islam est une menace pour la République.[1] Mais 68% d’entre eux estiment aussi que « les Français musulmans sont des Français comme les autres« . Ces données à première vue contradictoires expriment le caractère mouvant des inquiétudes et des perceptions, avec le risque prévalant de réponses politiques à courte vue. C’est dire que le cap défini par le pouvoir d’Etat pouvait être déterminant : a-t-il été à la hauteur des enjeux? Aux attentes sociétales, le gouvernement a prétendu répondre à trois niveaux : renforcement de la sécurité, traitement des urgences sociales, « réarmement » politico-idéologique. Continuez la lecture

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« La République est un consensus mou »

Entretien inédit de Philippe Marlière à découvrir sur le site de Ballast
3 juin 2015

Politologue, essayiste (il est notamment le coauteur, avec Liem Hoang-Ngoc, de La gauche ne doit pas mourir ! et l’auteur de La Social-démocratie domestiquée) et professeur de sciences politiques à l’University College de Londres, Philippe Marlière est également membre du mouvement Ensemble. Alors que la France entière s’indigne de l’accaparement de la République par Sarkozy, Marlière marche à contre-sens : et alors ? La République n’a que très rarement été socialiste, dans son histoire. Et comme si ce seul tabou français ne suffisait pas, Marlière poursuit : la laïcité, telle que la classe médiatique et politique la défend aujourd’hui, n’a plus rien à voir avec la loi de 1905 — ses partisans, après avoir tourné le dos à la lutte sociale, l’auraient transformée en instrument de combat contre une partie de la population française. Entretien.

 

Commençons par une notion que vous affectionnez, empruntée à Cécile Laborde : « la laïcité de non-domination ». À quoi renvoie-t-elle ?

La notion de non-domination a en réalité été théorisée par Philip Pettit, un philosophe politique irlandais qui enseigne à l’université de Princeton, aux États-Unis¹. Cécile Laborde² et d’autres chercheurs l’ont popularisée dans les débats en langue française³. La non-domination implique que l’État ne peut imposer aux individus une conception positive de ce que devrait être leur autonomie morale. Pour le dire de façon moins philosophique : l’État, au nom de l’idée qu’il se fait du Bien ou de la Liberté, ne peut pas contraindre les individus à se comporter ou vivre d’une manière particulière. Car, dans ce cas, il n’est plus neutre, mais partisan ; il devient un acteur qui tente d’imposer ou de réglementer les vies privées des individus en fonction de ses propres critères de la « vie bonne ». L’idée selon laquelle l’État doit émanciper les citoyens, parfois contre leur propre volonté, est une manière de penser et d’agir inhérente à la culture républicaine française. Cette tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’est encore renforcée récemment, dans le contexte réel ou fantasmé des crises identitaires que traverserait le pays (je pense ici aux débats incessants sur la laïcité, sur la République ou sur l’identité française). Nicolas Sarkozy avait lancé un débat sur « l’identité nationale » peu après son élection, et Manuel Valls discourt à son tour sur ce thème.

 

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La lIgue de l’enseignement et la pluralité culturelle

Du folklore à la diversité

6 et 7 juillet 2015 – CISP Ravel Paris

Depuis ses origines, la Ligue de l’enseignement est attentive aux cultures populaires.
Sous le Front populaire cet intérêt s’est formalisé avec la création d’une
Commission Folklore, devenue ensuite commission des Arts et traditions populaires.
Présidée par Paul Delarue, puis par Pierre-Jakez Hélias, elle a nourri les travaux
ultérieurs du secteur culture. Son objet s’est recentré dans les années 70-80, avec Guy
Gauthier, sur les langues régionales et minoritaires. Ce travail a contribué à enrichir une
réflexion plus large sur la laïcité et la citoyenneté. Il a servi de passerelle vers la prise
en compte des cultures immigrées et de l’islam dans la société du XXe siècle. Depuis
sept ans, la Ligue s’interroge sur ces thèmes grâce à une revue européenne dédiée au
dialogue interculturel. Quel bilan pouvons-nous en tirer ? De multiples initiatives, associations,
publications et festivals font aujourd’hui vivre cette pluralité culturelle au sein et
autour de la Ligue. Comment pouvons-nous les valoriser et les faire connaître ?

Exclusivement sur inscription auprès de Cécile Barres : cbarres@laligue.org

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« Quand les responsables se soucient des conséquences : L’application pragmatique de la laïcité à l’école »

Le 11 avril 2014, le quotidien Le Figaro publiait un article intitulé « Le
communautarisme musulman défie l’école »2. Révélant le contenu d’une note confidentielle
des services de renseignements territoriaux publiée en novembre 2013 faisant état de
l’observation de 70 cas sur l’ensemble du territoire français, le quotidien en conclut à la
recrudescence des manifestations religieuses musulmanes dans le contexte scolaire.
Absentéisme record atteignant 90% lors de l’Aïd dans certains établissements, port du
voile de la part de parents d’élèves délégués, refus de goûter la viande et les plats à base
d’alcool de la part des élèves musulmans scolarisés dans la filière hôtellerie, présence de tapis
de prières dans les gymnases et les internats, port de jupes longues de la part des jeunes
musulmanes, regroupement des élèves musulmans ne mangeant pas de porc dans certaines
cantines, augmentation du nombre de jeunes filles voilées lors des examens, difficultés des
professeurs à aborder certaines thématiques sensibles en sciences et vie de la terre et en
histoire, etc., constituent autant d’exemples présentés par Le Figaro comme des atteintes à la
laïcité républicaine et comme des comportements susceptibles de « déstabiliser les équipes
enseignantes »3. Fort de ces constats, l’article appelle à prendre des mesures afin d’enrayer la
progression du communautarisme musulman à l’école.Article Migrations Societe_Clementine Vivarelli_2014

Clémentine Vivarelli est docteure en sociologie diplômée de l’Université de Strasbourg, où elle a soutenu une thèse de doctorat sur la laïcité à l’école en 2014. Elle dispense aussi de nombreuses formations auprès de (futurs) professionnels du secteur public (santé, social, associatif, fonction publique, etc.) sur le fait religieux et la mise en application du principe de laïcité.

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« L’école, entre laïcité et discriminations »

Samedi 30 mai de 14h à 17h

A la Maison Fraternelle, 37, rue Tournefort – 75005 Paris

Rencontre avec Aissa Kadri

Entrée libre 

 

« Les enquêtes menées sur les enseignants dits ‘’issus des immigrations’’ et leurs rapports à la laïcité ».

Aïssa Kadri présentera les résultats de deux enquêtes qu’il a dirigées et qui portent sur le corps enseignant français. La première concerne les discriminations lors des procédures d’orientation vers l’enseignement supérieur et les métiers. La deuxième porte sur les enseignants issus des immigrations dans leur rapport à la laïcité.

Aissa Kadri a été directeur de l’Institut Maghreb-Europe (Université Paris 8) et est aujourd’hui professeur émérite de l’université de Paris8. Ses travaux portent sur les Intellectuels et Intelligentsias au Maghreb et en immigration. Il dirige actuellement un programme européen de recherches surles « révoltes arabes » et vient de publier Instituteurs et enseignants en Algérie. 1945-1975 et La guerre d’Algérie revisitée. Nouvelles générations, nouveaux regards, aux Éditions Karthala.

+ d’infos :  secretariat@islamlaicite.org

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La laïcité, chef d’œuvre «d’ingénierie» ou «d’architecture» institutionnelle

Par Alain Bondeelle

Certaines et certains pensent qu’il suffit de clamer « laïcité et République » pour voir les deux éléments, qui ne sont d’ailleurs pas du même ordre, transcender le paysage politique, s’imposer par leur vertu propre pour le maintenir tel quel dans la durée. Ils ont tort : la laïcité est un travail « à réécrire tous les jours », une construction à recontextualiser sans cesse, et non une recette ou un donné ; en cela elle ressemble à la Nation, du moins « la composition française » proposée par Mona Ozouf, « à réécrire sans cesse avec toutes celles et tous ceux qui vivent sur son territoire », dans la ligne du « plébiscite de tous les jours » formulé jadis par Renan. Soit exactement le contraire du nationalisme, sa pathologie, par l’idolâtrie de la Nation, proclamée alors nouvelle divinité toute puissante à qui sont dus tous les sacrifices, et d’abord celui du bouc émissaire, ou de la population toujours désignée par la rumeur, en période de repli, pour en tenir lieu.
Dans le même ordre d’idées, ni la République ni la laïcité ne sont sacrées, même si une nostalgie de la transcendance s’installe dès la Déclaration de 1789 qui précise cependant « La souveraineté repose désormais sur la Nation », et non plus sur le sacre du monarque qui lui conférait la souveraineté politique par une médiation religieuse. Les cultes de la Raison et de l’Etre Suprême témoignent de cette nostalgie d’une transcendance dès la Première République, et même avant elle, la constitution civile du clergé, comme si le culte devait être intégré à la Nation pour la conforter. Mais d’autres cultes religieux, réformés et israélite, étaient devenus légaux et légitimes dans la mesure où les réformés et les juifs étaient désormais des citoyens comme tous les autres.
Le livre de Valentine Zuber, Le culte des droits de l’homme, met en relief éloquemment, parmi beaucoup d’autres, cette nostalgie d’une transcendance perdue et ces tentatives de transfert permanent sur le modèle religieux vers d’autres valeurs absolutisées dans ce but, les droits de l’homme par exemple ou la Nation, ou la République jacobine, une permanence dont il faut tenir compte encore aujourd’hui. Comme il faut, à mon sens, continuer d’y résister. La religion civile même réputée « laïque » ne résout pas la nouvelle et nécessaire autonomie séculière croisée du politique et des individus vis-à-vis des convictions en général et de leurs propres convictions et de plus ainsi, cette religion civile se ment et elle nous ment.
Elle risque en effet de ramener tout le monde en arrière vers une autre conception « holiste » de la société et de l’Etat d’où la Déclaration de 89 avait au contraire permis qu’on en sorte, du moins de sa version monarchiste catholique (Danièle Lochak). Pour reprendre le sens de « holisme », on pourrait caractériser comme holiste tout collectif dont chaque individu ne peut être distingué que par le fait qu’il est déterminé par son origine et son appartenance au collectif, sa référence constitutive de base, en toute hétéronomie, hors de toute possibilité d’autonomie et d’autodétermination. Non seulement les parties n’existent pas hors du tout, mais le tout détermine, sans dialectique, les parties. Continuez la lecture

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Laïcité de la jupe : louange à toi Dame bêtise

En 2003, quand la Commission Stasi avait discuté sur ce qui allait devenir la loi de 2004, un de ses membres avait proposé d’interdire le port de « signes et de tenues religieuses et politiques » par les élèves. D’autres membres de la Commission avaient alors répliqué qu’une liste limitative s’avérait nécessaire pour deux raisons. D’abord la liberté devait rester la règle et l’interdiction l’exception ; ensuite, comme le remarquait un autre de ses membres, il ne fallait pas entrer dans le « jeu stupide du chat et de la souris, où tout peut devenir signe religieux ou être considéré comme tel ». Eh bien, certains profs, heureusement minoritaires, mais quand même !, entrent dans ce jeu-là !

Fruit de la discussion interne, la proposition de la Commission Stasi[1] (votée à l’unanimité moins une abstention, la mienne) proposait d’interdire dans les écoles, collèges et lycées publics « les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse et politique. » Il était précisé que cette disposition « serait inséparable de l’exposé des motifs suivant » : « Les tenues et signes religieux interdits sont les signes ostensibles, tels que grande croix, voile ou kippa. Ne sont pas regardés comme des signes manifestant une appartenance religieuse les signes discrets que sont par exemple médailles, petites-croix, étoiles de David, mains de Fatma, ou petits Coran » Continuez la lecture

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Jeudi 7 mai à 18h

Rencontre avec Laurent Bonelli autour « des enjeux sécuritaires et idéologiques de la lutte contre la radicalisation ».

A la LDH – 138, rue Marcadet – 75018 Paris
Laurent Bonelli est maître de conférences en science politique à l’université Paris X Nanterre et rattaché à l’institut des sciences sociales du politique (ISP). Il est spécialisé des questions de sécurité urbaine, de surveillance et de lutte contre le terrorisme. Il est corédacteur en chef de la revue Cultures & Conflits, membre de l’équipe éditoriale de la revue International Political Sociology (Blackwell), et collaborateur du Monde diplomatique où nous vous invitons à lire son article : Les chemins de la radicalisation

Vous pouvez écouter ici l’intervention de Laurent Bonelli.

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Rapport annuel sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie

A l’occasion de l’édition 2014 de son rapport annuel sur le racisme, l’antismétisme et la xénophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Rapporteur national sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme depuis 25 ans, a organisé une conférence de presse le 9 avril 2015 au cours de laquelle la Présidente de la CNCDH, Christine Lazerges, accompagnée de chercheurs de Sciences Po, a présenté les grandes lignes de ce rapport.

Les Essentiels du rapport racisme 2014 reprennent les points majeurs des analyses de la CNCDH ainsi que les résultats d’un sondage d’opinion effectué à la suite des attentats de janvier 2015.

Entretien avec Christine Lazerges, Présidente de la CNCDH sur le rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie 2014

1) Quel est l’intérêt de faire chaque année un rapport sur le racisme ? Est-ce encore aujourd’hui un problème d’actualité qui mérite une telle attention ?

En reprenant la belle formule de Badinter, la CNCDH est une « compagnie de vigilants ». Ainsi, sur le sujet du racisme, sa vigilance s’exerce depuis un quart de siècle, en tant qu’institution choisie par le Parlement pour exercer le rôle de Rapporteur national sur la lutte contre le racisme. Elle a donc acquis une expertise qui lui permet de comprendre les évolutions, de les analyser et de voir émerger et creuser quelques problématiques spécifiques, d’une année à l’autre.

En outre, le travail de la CNCDH sur ces questions ne se limite pas seulement à une évaluation du phénomène, mais également à une mission de conseil à l’attention des pouvoirs publics ce qui la conduit à formuler des recommandations.

2) Pourquoi faire un sondage par enquête d’opinion ? Les chiffres comptabilisés par le ministère de l’Intérieur ne suffisent-ils pas en eux-mêmes à illustrer le phénomène raciste en France ?

Les chiffres des infractions à caractère raciste recensées par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice, sur la base des plaintes déposées, n’est que l’écume des choses. En effet, quantité de personnes qui se retrouvent confrontées à un acte ou une menace de nature raciste ou antisémite n’osent pas déposer plainte, ou encore se découragent devant la complexité des procédures.

C’est pourquoi la CNCDH considère que réaliser un sondage d’opinion est indispensable pour acquérir une vision plus précise du phénomène raciste en France. En effet, cette enquête permet de saisir des opinions, de les mesurer, et d’aller ainsi au-delà des seules infractions pénales.

3) Quelles sont les grandes tendances observées dans l’opinion publique française en matière de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie ?

L’analyse de l’opinion publique française a permis à la CNCDH de relever quatre sujets préoccupants : la recrudescence des préjugés antisémites ; la montée de l’intolérance à l’égard des rites de l’islam ; la banalisation du racisme à l’égard des Roms tant biologisant que culturel ; l’émergence d’une conception dévoyée de la laïcité et du principe de neutralité de l’Etat comme rempart à l’Islam, en ce que la laïcité n’est plus un outil d’apaisement mais un prétexte au rejet des différences.

Cependant, le sondage d’opinion révèle un sujet d’espérance. En effet, depuis la crise économique, c’est-à-dire près de cinq ans, l’indice longitudinal de tolérance portait la preuve d’un recul de la tolérance qui ne cessait d’alarmer.

Or, cette année la CNCDH a pu observer une stabilisation de l’indice de tolérance, puis avec les résultats du sondage flash mené en mars 2015 un mouvement de plus grande cohésion nationale.

4) Quels sont les autres enseignements de ce sondage réalisé après les attentats de janvier 2015 ?

Il parait important, au préalable, de dire que la CNCDH ne pouvait occulter les évènements du début de l’année et a donc tenté d’en mesurer l’imapct par un sondage d’opinion. Ces résultats ont ainsi permis de conforter la robustesse des analyses faites en 2014.

Ce sondage fait également état, dans l’opinion publique française, d’une demande de sécurité, d’une véritable peur du terrorisme, et nous apprend également que pendant le seul mois de janvier 2015 les actes antimusulmans recensés ont été plus nombreux que sur toute l’année 2014.

Ainsi, le bilan est en demi-teinte. Toutefois, on a pu observer que la réponse républicaine du gouvernement avait été bien accueillie et soutenue et que les français aiment à dire qu’ils ont participé à la grande marche républicaine du 11 janvier, et lorsqu’ils n’ont pu y participer, ils sont très nombreux à en exprimer le regret.

5) Quels sont les nouveautés ou les angles particuliers de ce rapport 2014 ?

Dans le rapport sur le racisme 2014, la CNCDH a consacré deux chapitres à des problèmes extrêmement graves, d’une part la situation des Roms trop souvent oubliés ou même rejetés par la société française, et d’autre part, le développement insoutenable du racisme sur internet à l’égard des juifs et des musulmans.

De plus, le rapport sur le racisme 2014 bénéficie d’une contribution du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, de neuf contributions d’acteurs institutionnels et de dix contributions de la société civile.

6) En tant que Rapporteur national sur la lutte contre le racisme, que fait la CNCDH en dehors du rapport annuel ?

La CNCDH entretient un partenariat étroit avec les organisations internationales, comme la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe, mais également avec des institutions nationales comme la Délégation interministérielle contre le racisme et l’antisémitisme.

Elle suit les problèmes qui lui paraissent les plus difficiles, ce qui l’a conduit en 2014 à adopter une série d’avis sur les questions de racisme et d’intolérance, par exemple un avis sur les droits fondamentaux des personnes vivant en bidonvilles (ce qui concerne essentiellement les populations roms), un avis sur les discours de haine sur internet ou encore un avis sur les violences commises à raison de l’identité sexuelle.

De plus, dans sa mission d’éducation aux droits de l’homme, la CNCDH a coproduit des films pédagogiques à destination des élèves de l’école primaire sur le respect et la richesse des différences.

 

Lien vers le site de la Documentation française pour acheter le rapport racisme : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ouvrages/9782110098979-la-lutte-contre-le-racisme-l-antisemitisme-et-la-xenophobie

 

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Déclaration commune : Il ne faut pas toucher à la loi de 1905 !

Il faut défendre les libertés publiques !

Les associations laïques : Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme
et Fédération nationale de la Libre Pensée ont décidé de rendre publique cette déclaration
au vu de la situation préoccupante qui existe dans ce pays aujourd’hui [1].

La laïcité, qui est le libre exercice de sa conscience, est garantie par la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905. Elle est aujourd’hui menacée par ceux qui veulent en faire un instrument contre une certaine catégorie de la population: les citoyens d’origine arabo-musulmane.

Ainsi, on entend interdire les repas de substitution dans les cantines des collectivités publiques pour les végétariens et les personnes ne voulant pas, pour des raisons diverses, manger du porc. Imposer une nourriture contraire aux convictions personnelles, ne relève pas de la laïcité, mais de la xénophobie. S’il est juste d’un point de vue laïque de refuser de diffuser dans les collectivités publiques les produits casher et hallal, imposer des repas avec de la viande de porc relève de la discrimination.

Ainsi, on entend réclamer l’interdiction du voile dit « islamique » à l’Université. Rappelons qu’il existe, dans les facultés, les franchises universitaires qui sont des libertés arrachées au pouvoir et aux clergés. Remettre en cause les libertés universitaires ne relève pas de la laïcité, mais d’une remise en cause de la démocratie.

Ainsi une proposition de loi qui doit être examinée en mai prévoit la modification du Code du Travail; on veut y intégrer des dispositions relevant de la sphère publique et de la nécessaire neutralité des agents des Fonctions publiques. Le Code du Travail régit les rapports entre les dirigeants d’entreprise et les salariés. Au sein des entreprises, la liberté de conscience est régie par l’Article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Continuez la lecture

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