La laïcité, chef d’œuvre «d’ingénierie» ou «d’architecture» institutionnelle

Par Alain Bondeelle

 Certaines et certains pensent qu’il suffit de clamer « laïcité et République » pour voir les deux éléments, qui ne sont d’ailleurs pas du même ordre, transcender le paysage politique, s’imposer par leur vertu propre pour le maintenir tel quel dans la durée. Ils ont tort : la laïcité est un travail « à réécrire tous les jours », une construction à recontextualiser sans cesse, et non une recette ou un donné ; en cela elle ressemble à la Nation, du moins « la composition française » proposée par Mona Ozouf, « à réécrire sans cesse avec toutes celles et tous ceux qui vivent sur son territoire », dans la ligne du « plébiscite de tous les jours » formulé jadis par Renan. Soit exactement le contraire du nationalisme, sa pathologie, par l’idolâtrie de la Nation, proclamée alors nouvelle divinité toute puissante à qui sont dûs tous les sacrifices, et d’abord celui du bouc émissaire, ou de la population toujours désignée par la rumeur, en période de repli, pour en tenir lieu.

Dans le même ordre d’idées, ni la République ni la laïcité ne sont sacrées, même si une nostalgie de la transcendance s’installe dès la Déclaration de 1789 qui précise cependant « La souveraineté repose désormais sur la Nation », et non plus sur le sacre du monarque qui lui conférait la souveraineté politique par une médiation religieuse. Les cultes de la Raison et de l’Etre Suprême témoignent de cette nostalgie d’une transcendance dès la Première République, et même avant elle, la constitution civile du clergé, comme si le culte devait être intégré à la Nation pour la conforter. Mais d’autres cultes religieux, réformés et israélite, étaient devenus légaux et légitimes dans la mesure où les réformés et les juifs étaient désormais des citoyens comme tous les autres.

Le livre de Valentine Zuber, Le culte des droits de l’homme, met en relief éloquemment, parmi beaucoup d’autres, cette nostalgie d’une transcendance perdue et ces tentatives de transfert permanent sur le modèle religieux vers d’autres valeurs absolutisées dans ce but, les droits de l’homme par exemple ou la Nation, ou la République jacobine, une permanence dont il faut tenir compte encore aujourd’hui. Comme il faut, à mon sens, continuer d’y résister. La religion civile même réputée « laïque » ne résout pas la nouvelle et nécessaire autonomie séculière croisée du politique et des individus vis-à-vis des convictions en général et de leurs propres convictions et de plus ainsi, cette religion civile se ment et elle nous ment. Continuez la lecture

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Laïcité de la jupe : louange à toi Dame bêtise

En 2003, quand la Commission Stasi avait discuté sur ce qui allait devenir la loi de 2004, un de ses membres avait proposé d’interdire le port de « signes et de tenues religieuses et politiques » par les élèves. D’autres membres de la Commission avaient alors répliqué qu’une liste limitative s’avérait nécessaire pour deux raisons. D’abord la liberté devait rester la règle et l’interdiction l’exception ; ensuite, comme le remarquait un autre de ses membres, il ne fallait pas entrer dans le « jeu stupide du chat et de la souris, où tout peut devenir signe religieux ou être considéré comme tel ». Eh bien, certains profs, heureusement minoritaires, mais quand même !, entrent dans ce jeu-là !

Fruit de la discussion interne, la proposition de la Commission Stasi[1] (votée à l’unanimité moins une abstention, la mienne) proposait d’interdire dans les écoles, collèges et lycées publics « les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse et politique. » Il était précisé que cette disposition « serait inséparable de l’exposé des motifs suivant » : « Les tenues et signes religieux interdits sont les signes ostensibles, tels que grande croix, voile ou kippa. Ne sont pas regardés comme des signes manifestant une appartenance religieuse les signes discrets que sont par exemple médailles, petites-croix, étoiles de David, mains de Fatma, ou petits Coran » Continuez la lecture

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Jeudi 7 mai à 18h

Rencontre avec Laurent Bonelli autour « des enjeux sécuritaires et idéologiques de la lutte contre la radicalisation ».

A la LDH – 138, rue Marcadet – 75018 Paris
Laurent Bonelli est maître de conférences en science politique à l’université Paris X Nanterre et rattaché à l’institut des sciences sociales du politique (ISP). Il est spécialisé des questions de sécurité urbaine, de surveillance et de lutte contre le terrorisme. Il est corédacteur en chef de la revue Cultures & Conflits, membre de l’équipe éditoriale de la revue International Political Sociology (Blackwell), et collaborateur du Monde diplomatique où nous vous invitons à lire son article : Les chemins de la radicalisation

Vous pouvez écouter ici l’intervention de Laurent Bonelli.

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« L’école, entre laïcité et discriminations »

Samedi 30 mai de 14h à 17h

A la Maison Fraternelle, 37, rue Tournefort – 75005 Paris

Avec Aissa Kadri et Clémentine Vivarelli

Entrée libre 

 

« Les enquêtes menées sur les enseignants dits ‘’issus des immigrations’’ et leurs rapports à la laïcité ».

Aïssa Kadri présentera les résultats de deux enquêtes qu’il a dirigées et qui portent sur le corps enseignant français. La première concerne les discriminations lors des procédures d’orientation vers l’enseignement supérieur et les métiers. La deuxième porte sur les enseignants issus des immigrations dans leur rapport à la laïcité.

Aissa Kadri a été directeur de l’Institut Maghreb-Europe (Université Paris 8) et est aujourd’hui professeur émérite de l’université de Paris8. Ses travaux portent sur les Intellectuels et Intelligentsias au Maghreb et en immigration. Il dirige actuellement un programme européen de recherches surles « révoltes arabes » et vient de publier Instituteurs et enseignants en Algérie. 1945-1975 et La guerre d’Algérie revisitée. Nouvelles générations, nouveaux regards, aux Éditions Karthala.

 

« La mise en application de la laïcité à l’école, entre pragmatisme et conviction »

Comment les acteurs scolaires conçoivent-ils et mettent-ils en application le principe de laïcité dans le quotidien des établissements scolaires ? Comment encadrent-ils les signes religieux depuis la promulgation de la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires, ainsi que les manifestations religieuses dans différentes temporalités scolaires (alimentation, pratique sportive, fonctionnement des internats, sorties scolaires, manifestations culturelles…) ? Cette intervention aura pour but de répondre à ces questions en faisant notamment état des résultats d’une enquête de terrain sociologique réalisée dans des collèges et lycées publics à Strasbourg de 2007 à 2012.

Clémentine Vivarelli est docteure en sociologie diplômée de l’Université de Strasbourg, où elle a soutenu une thèse de doctorat sur la laïcité à l’école en 2014. Elle dispense aussi de nombreuses formations auprès de (futurs) professionnels du secteur public (santé, social, associatif, fonction publique, etc.) sur le fait religieux et la mise en application du principe de laïcité.

+ d’infos :  secretariat@islamlaicite.org

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Rapport annuel sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie

A l’occasion de l’édition 2014 de son rapport annuel sur le racisme, l’antismétisme et la xénophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Rapporteur national sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme depuis 25 ans, a organisé une conférence de presse le 9 avril 2015 au cours de laquelle la Présidente de la CNCDH, Christine Lazerges, accompagnée de chercheurs de Sciences Po, a présenté les grandes lignes de ce rapport.

Les Essentiels du rapport racisme 2014 reprennent les points majeurs des analyses de la CNCDH ainsi que les résultats d’un sondage d’opinion effectué à la suite des attentats de janvier 2015.

Entretien avec Christine Lazerges, Présidente de la CNCDH sur le rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie 2014

1) Quel est l’intérêt de faire chaque année un rapport sur le racisme ? Est-ce encore aujourd’hui un problème d’actualité qui mérite une telle attention ?

En reprenant la belle formule de Badinter, la CNCDH est une « compagnie de vigilants ». Ainsi, sur le sujet du racisme, sa vigilance s’exerce depuis un quart de siècle, en tant qu’institution choisie par le Parlement pour exercer le rôle de Rapporteur national sur la lutte contre le racisme. Elle a donc acquis une expertise qui lui permet de comprendre les évolutions, de les analyser et de voir émerger et creuser quelques problématiques spécifiques, d’une année à l’autre.

En outre, le travail de la CNCDH sur ces questions ne se limite pas seulement à une évaluation du phénomène, mais également à une mission de conseil à l’attention des pouvoirs publics ce qui la conduit à formuler des recommandations.

2) Pourquoi faire un sondage par enquête d’opinion ? Les chiffres comptabilisés par le ministère de l’Intérieur ne suffisent-ils pas en eux-mêmes à illustrer le phénomène raciste en France ?

Les chiffres des infractions à caractère raciste recensées par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice, sur la base des plaintes déposées, n’est que l’écume des choses. En effet, quantité de personnes qui se retrouvent confrontées à un acte ou une menace de nature raciste ou antisémite n’osent pas déposer plainte, ou encore se découragent devant la complexité des procédures.

C’est pourquoi la CNCDH considère que réaliser un sondage d’opinion est indispensable pour acquérir une vision plus précise du phénomène raciste en France. En effet, cette enquête permet de saisir des opinions, de les mesurer, et d’aller ainsi au-delà des seules infractions pénales.

3) Quelles sont les grandes tendances observées dans l’opinion publique française en matière de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie ?

L’analyse de l’opinion publique française a permis à la CNCDH de relever quatre sujets préoccupants : la recrudescence des préjugés antisémites ; la montée de l’intolérance à l’égard des rites de l’islam ; la banalisation du racisme à l’égard des Roms tant biologisant que culturel ; l’émergence d’une conception dévoyée de la laïcité et du principe de neutralité de l’Etat comme rempart à l’Islam, en ce que la laïcité n’est plus un outil d’apaisement mais un prétexte au rejet des différences.

Cependant, le sondage d’opinion révèle un sujet d’espérance. En effet, depuis la crise économique, c’est-à-dire près de cinq ans, l’indice longitudinal de tolérance portait la preuve d’un recul de la tolérance qui ne cessait d’alarmer.

Or, cette année la CNCDH a pu observer une stabilisation de l’indice de tolérance, puis avec les résultats du sondage flash mené en mars 2015 un mouvement de plus grande cohésion nationale.

4) Quels sont les autres enseignements de ce sondage réalisé après les attentats de janvier 2015 ?

Il parait important, au préalable, de dire que la CNCDH ne pouvait occulter les évènements du début de l’année et a donc tenté d’en mesurer l’imapct par un sondage d’opinion. Ces résultats ont ainsi permis de conforter la robustesse des analyses faites en 2014.

Ce sondage fait également état, dans l’opinion publique française, d’une demande de sécurité, d’une véritable peur du terrorisme, et nous apprend également que pendant le seul mois de janvier 2015 les actes antimusulmans recensés ont été plus nombreux que sur toute l’année 2014.

Ainsi, le bilan est en demi-teinte. Toutefois, on a pu observer que la réponse républicaine du gouvernement avait été bien accueillie et soutenue et que les français aiment à dire qu’ils ont participé à la grande marche républicaine du 11 janvier, et lorsqu’ils n’ont pu y participer, ils sont très nombreux à en exprimer le regret.

5) Quels sont les nouveautés ou les angles particuliers de ce rapport 2014 ?

Dans le rapport sur le racisme 2014, la CNCDH a consacré deux chapitres à des problèmes extrêmement graves, d’une part la situation des Roms trop souvent oubliés ou même rejetés par la société française, et d’autre part, le développement insoutenable du racisme sur internet à l’égard des juifs et des musulmans.

De plus, le rapport sur le racisme 2014 bénéficie d’une contribution du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, de neuf contributions d’acteurs institutionnels et de dix contributions de la société civile.

6) En tant que Rapporteur national sur la lutte contre le racisme, que fait la CNCDH en dehors du rapport annuel ?

La CNCDH entretient un partenariat étroit avec les organisations internationales, comme la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe, mais également avec des institutions nationales comme la Délégation interministérielle contre le racisme et l’antisémitisme.

Elle suit les problèmes qui lui paraissent les plus difficiles, ce qui l’a conduit en 2014 à adopter une série d’avis sur les questions de racisme et d’intolérance, par exemple un avis sur les droits fondamentaux des personnes vivant en bidonvilles (ce qui concerne essentiellement les populations roms), un avis sur les discours de haine sur internet ou encore un avis sur les violences commises à raison de l’identité sexuelle.

De plus, dans sa mission d’éducation aux droits de l’homme, la CNCDH a coproduit des films pédagogiques à destination des élèves de l’école primaire sur le respect et la richesse des différences.

 

Lien vers le site de la Documentation française pour acheter le rapport racisme : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ouvrages/9782110098979-la-lutte-contre-le-racisme-l-antisemitisme-et-la-xenophobie

 

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Déclaration commune : Il ne faut pas toucher à la loi de 1905 !

Il faut défendre les libertés publiques !

Les associations laïques : Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme
et Fédération nationale de la Libre Pensée ont décidé de rendre publique cette déclaration
au vu de la situation préoccupante qui existe dans ce pays aujourd’hui [1].

La laïcité, qui est le libre exercice de sa conscience, est garantie par la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905. Elle est aujourd’hui menacée par ceux qui veulent en faire un instrument contre une certaine catégorie de la population: les citoyens d’origine arabo-musulmane.

Ainsi, on entend interdire les repas de substitution dans les cantines des collectivités publiques pour les végétariens et les personnes ne voulant pas, pour des raisons diverses, manger du porc. Imposer une nourriture contraire aux convictions personnelles, ne relève pas de la laïcité, mais de la xénophobie. S’il est juste d’un point de vue laïque de refuser de diffuser dans les collectivités publiques les produits casher et hallal, imposer des repas avec de la viande de porc relève de la discrimination.

Ainsi, on entend réclamer l’interdiction du voile dit « islamique » à l’Université. Rappelons qu’il existe, dans les facultés, les franchises universitaires qui sont des libertés arrachées au pouvoir et aux clergés. Remettre en cause les libertés universitaires ne relève pas de la laïcité, mais d’une remise en cause de la démocratie.

Ainsi une proposition de loi qui doit être examinée en mai prévoit la modification du Code du Travail; on veut y intégrer des dispositions relevant de la sphère publique et de la nécessaire neutralité des agents des Fonctions publiques. Le Code du Travail régit les rapports entre les dirigeants d’entreprise et les salariés. Au sein des entreprises, la liberté de conscience est régie par l’Article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Continuez la lecture

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Proposition faite lors de l’assemblée de convergence autour de Religion/Émancipation (FSM, Tunis, mars 2015)

La commission Islam et Laïcité (www.islamlaicite.org) qui, depuis dix ans, réunit des acteurs de différentes sensibilités religieuses et non religieuses, est un lieu de débats, mais aussi d’organisation et de sensibilisation, sur le thème de la place de l’islam et des musulmans dans la société française dont ils font pleinement partie ; elle se porte en défense des libertés et des droits égaux des musulmans de France, et lutte contre l’islamophobie et les discriminations. La Commission Islam et Laïcité défend ainsi les vrais principes de laïcité, tels qu’ils ont été énoncés en 1905, principes qui imposent l’égalité de traitement de tous les croyants et non-croyants.

C’est dans cet esprit que la Commission Islam et Laïcité propose d’organiser à Paris, au printemps 2016, une journée sur le thème « Pluralité, religions, émancipation », comme étape vers les débats qui devront se poursuivre dans d’autres pays et lors du prochain FSM. Cette journée sera ouverte au plus grand nombre de pays possibles, mais d’abord aux participants européens.

La société dans laquelle nous vivons est désormais largement plurielle, au niveau local comme au niveau global. Cette pluralité est encore largement déniée, plus encore en France que dans les autres pays européens. En France, ce déni passe par le dévoiement et l’instrumentalisation de la laïcité, aboutissant ainsi à des stigmatisations qui, au-delà même de l’islamophobie et de la promulgation de véritables lois d’exception, prennent parfois le visage de la haine de la religion. C’est pourquoi il nous paraît important que cette journée de débat, de réflexion, de propositions, se déroule en France.

Il faut en effet rappeler, dans une perspective internationale, qu’au delà de la pesanteur des clergés et des hiérarchies, les religions ont pu être et peuvent encore des voies d’émancipation sociale et politique. Il faut établir des solidarités, par dessus les positions   nationales et partisanes pour promouvoir la pluralité des démarches émancipatrices, dans un mouvement où non-croyants et croyants de diverses obédiences se retrouvent autour de l’adhésion à des principes communs, et de l’affirmation des mêmes droits pour tous.

 

Une première réunion rassemblant toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’associer à ce projet sera organisée en juin 2015.

Elles et ils peuvent d’ores et déjà prendre contact par mail avec le secrétariat de la Commission Islam et Laïcité : secretariat@islamlaicite.org

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Derrière des conceptions faussées de la laïcité, se nichent des offensives visant à opposer les citoyens entre eux

 

Communiqué sur le site du PCF, 3 avril 2014 : http://www.pcf.fr/6914

La RATP a cru devoir interdire dans le métro parisien un affichage pour un concert à l’Olympia par une chorale patronnée par l’évêque de Gap au motif que les affiches portaient la mention « au profit des chrétiens d’Orient » ce qui rendrait ces affiches et cette mention contraires à la laïcité. L’affichage a dû être modifié. Le PCF proteste contre cette atteinte à la liberté d’expression (religieuse en l’occurrence) qui en outre est une atteinte à la liberté d’agir pour la solidarité envers des populations persécutées. Déjà il y a trois ans la RATP avait interdit pour le même motif, à tort, une campagne contre l’islamophobie. 

Sous couvert d’une sorte de dogme et dans une attitude d’intransigeance mal-placée, la laïcité est de plus en plus souvent invoquée à contre-sens, comme on a également pu le voir à l’occasion d’une nouvelle polémique sur les repas de substitution dans les cantines scolaires. Dernièrement une jeune femme de confession musulmane enceinte de huit mois a été violemment agressée en raison de sa tenue vestimentaire. A nouveau, des propositions sont faites à droite pour interdire le port du voile dans l’espace public et les universités, visant à alimenter l’affrontement identitaire et la stigmatisation des musulmans. Ce n’est pas le hasard si le Front national s’est particulièrement mis en avant sur ce terrain de façon constante et répétée.

La laïcité, principe républicain essentiel, condition d’un vivre ensemble harmonieux, n’a nul besoin d’interdictions de ce genre. Elle appelle à mener les batailles pour la liberté de pensée et la liberté d’expression comme pour l’égalité de droits réelle et effective, pour une souveraineté populaire pleine et entière. Derrière ces conceptions faussées de la laïcité, se nichent des offensives visant à opposer les citoyens sur des lignes religieuses, à alimenter les comportements racistes, et à diviser le peuple pour le plus grand bénéfice du capitalisme.

Commission laïcité et relations avec les croyants et lutte contre les discriminations du PCF

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Jeudi 9 avril à 18h à la LDH

Réunion des adhérents de la Commission Islam et Laïcité sur  la Situation des jeunes musulmans en France avec : PSM (Participation et Spiritualité Musulmane), CMF (Collectif des Musulmans de France), Ali Rahni et l’UOIF(Union des Organisations Islamiques de France).

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La laïcité: notion biaisée par les politiques

LIBERATION, SONYA FAURE 27 MARS 2015

Dans le milieu universitaire, l’obsession du voile et des menus de cantine font bondir une majorité de chercheurs.
Depuis 1991 et la création d’une chaire d’histoire et de sociologie de la laïcité à l’EPHE, une cinquantaine d’universitaires débattent du concept. Ces chercheurs, qui privilégient une approche ouverte, reconnaissent avoir du mal à convaincre les élus.

On la voit dans les côtelettes de porc servies à la cantine. On va la chercher dans les cheveux des puéricultrices de crèches et des étudiantes de fac. «La laïcité est récemment devenue la quatrième valeur de la devise républicaine française», note Valentine Zuber, historienne. Problème : alors que, depuis les attentats de janvier, les dirigeants politiques, à droite bien sûr mais aussi à gauche, ont convoqué la laïcité pour sceller l’union nationale, personne ne s’entend en réalité sur ce qu’elle signifie. Ce mot devenu parapluie, mécompris, distordu, et parfois instrumentalisé, abrite désormais des versions opposées. Laïcité libérale ou extensive ? Pour les partisans de la première, l’Etat doit être neutre et se borner à organiser la coexistence des convictions de chacun. Pour les seconds, les citoyens doivent aussi accepter de devenir un peu plus neutres dans l’espace public. Les premiers mettent au-dessus la libre expression individuelle et donc des croyances ; les seconds privilégient une cohésion nationale qui nécessiterait de lisser les différences culturelles ou cultuelles.
Qu’en disent les universitaires qui travaillent, précisément, sur la laïcité ? Que nous apprennent-ils sur ce mot polyphonique ? Premier constat : dans le milieu universitaire, l’obsession du voile et des menus à la cantine, brandie par Nicolas Sarkozy pendant la campagne des départementales, et plus largement le besoin de refonder la laïcité dans un sens plus restrictif, font bondir une majorité de chercheurs. Ceux-là dénoncent un dangereux dévoiement du concept par la classe politique. «Ces discriminations légales [envers les femmes voilées, ndlr] sont en train de construire un régime juridique d’exception, qui bafoue le droit à l’éducation et le droit au travail», écrivaient ainsi Marielle Debos, Abdellali Hajjat, Stéphanie Hennette Vauchez dans Libération (édition du 11 mars). Continuez la lecture

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