Alexandre Piettre : « Localement, la majorité des musulmans tient à préserver son indépendance »

L’humanite 27-28/2 et 1/3

 

Chercheur affilié à l’Institut des sciences sociales des religions contemporaines (ISSRC) de l’université de Lausanne et post-doctorant du Groupe sociétés religions laïcités (GSRL) de l’École pratique 
des hautes études (EPHE-CNRS), Alexandre Piettre mène depuis quinze ans un travail de terrain sur 
le renouveau islamique dans les quartiers populaires de plusieurs villes et mosquées d’Île-de-France.

Depuis les attentats, on parle de la radicalisation de certains jeunes. Qu’en est-il des musulmans en France ?

Alexandre Piettre Les dynamiques de réislamisation auxquelles on assiste ne vont pas dans le sens d’une radicalisation des musulmans de France. On peut parler à leur propos de renouveau islamique. Ce sont les acteurs de ce renouveau qui s’opposent à la domination de l’islam de France par les États étrangers et qui s’écartent de l’islam traditionnel promu, par exemple, à la Grande Mosquée de Paris. Les imams traditionnels ne parlent le plus souvent qu’arabe et ne se réfèrent qu’à une seule école jurisprudentielle, en général l’école malékite. Mais les acteurs du renouveau islamique élaborent leur piété à partir de l’ensemble des écoles jurisprudentielles. Ils réinventent leur religiosité dans un contexte nouveau. Cela implique de se transformer soi-même, d’où des cours donnés aux adultes, pratiques et théoriques, pour devenir musulmans. Lire l’article.


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