Augmentation constante de l’abstention, chute de l’engagement dans les partis, défiance à l’égard du politique… Les analyses et les constats s’accumulent depuis des décennies mais rien n’y fait. Le système politique français continue de s’arc-bouter sur ses privilèges, qui en font la chasse gardée d’hommes blancs, plutôt âgés, appartenant aux classes moyennes supérieures. Si ce «communautarisme» des dominants n’étonne guère à droite, il a de quoi surprendre à gauche, quand cette dernière se prévaut encore d’idéaux révolutionnaires et émancipateurs. Certes, cette gauche-là n’est pas non plus la plus grandement représentée aujourd’hui sur l’échiquier politique… Mais raison de plus ! On sait le gouvernement Valls-Hollande et la direction du PS vendus liquette, corps et âme au néolibéralisme. EELV, qui a pu, un temps, présenter une approche un tantinet différente et novatrice, s’est embourbé dans ses contradictions internes. Quant au Front de gauche, n’en parlons même pas. Ou plutôt si, parlons-en justement !

Une belle idée au départ. Un bon programme : «l’humain d’abord». Une bonne stratégie : unité, autonomie et mobilisation citoyenne. Un réel début de dynamique militante et citoyenne, avec même un petit écho dans les quartiers populaires. Cinq ans plus tard, le rassemblement est resté un cartel d’organisations de plus en plus étriqué, maintenu sans grand enthousiasme sous respiration artificielle, et à qui l’on tente péniblement de redonner vie à l’occasion des échéances électorales. Le spectacle donné au cours des négociations pour les prochaines élections régionales est de ce point de vue particulièrement édifiant. Discussions dominées par la défense égoïste d’intérêts d’appareils, mise de côté de l’implication locale et citoyenne, mise au placard de nos revendications pour changer les pratiques et «faire de la politique autrement»… Résultat : divisions régionales, absence de lisibilité nationale, renouvellement et diversification de la représentation quasi proches de zéro.

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