http://orientxxi.info/magazine/une-france-enfermee-dans-la-guerre-contre-le-terrorisme,1096
Persévérer est diabolique
Le Proche-Orient est en feu en Syrie, en Irak, au Sinaï, au Yémen. Nous pourrions prolonger ce sombre tableau vers la Libye et l’Afghanistan. Sur ces foyers de sang viennent souffler les intérêts d’acteurs régionaux comme l’Iran, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte ; internationaux avec les États-Unis et plus récemment la Russie — pour ne citer que les principaux. Tous les pays de la région, s’ils ne sont pas eux-mêmes des théâtres de guerres sont directement ou indirectement partie prenante. Une seule exception peut-être : le sultanat d’Oman, qui poursuit sa stratégie politique d’intermédiaire entre les mondes sunnites et chiites. Écheveau où des intérêts opposés ou divergents s’entrecroisent, se superposent, s’imbriquent, se nourrissent aussi les uns des autres. Gigantesque orgie de confrontations confessionnelles — nourries par l’opposition de l’Arabie saoudite à l’Iran — , d’intérêts de pouvoirs familiaux, religieux, ethniques, d’appétits de leadership ou de puissance pour certains, de préservation de leur existence pour d’autres. Aucun n’est blanc ou noir, sauf pour des regards partiaux et compromis dans l’un ou l’autre des camps. La France veut rassembler autour du combat contre l’organisation de l’État islamique (OEI) ? Soit, mais quid des priorités des acteurs régionaux ?

