Tueries de Montauban et Toulouse (mars 2012)

Une suite de crimes affreux viennent d’être perpétrés contre des soldats à Montauban et contre des enfants et un parent à Toulouse. Trois de ces soldats, assassinés, étaient d’origine arabe et musulmans, un autre était Antillais, tous mitraillés parce que arabes et noir. Ces enfants et leur parent ont été assassinés parce que juifs, en entrant dans une école juive.

Une même main semble avoir tenu l’arme du crime. Les crimes racistes frappent indistinctement les musulmans et les juifs, ainsi que les Roms, les Antillais et d’autres encore. Ils sont indissociables parce que le racisme est un. Islamophobie et antisémitisme sont deux versants d’une même idéologie de haine et de mort.

Ces crimes s’inscrivent dans la longue lignée des assassinats qui ont frappé des citoyens au motif de leur croyance réelle ou supposée, musulmane ou juive. Le climat créé depuis quelque temps en France, mettant en avant les différences comme des problèmes et non des richesses, est nécessairement favorable à des passages à l’acte meurtrier.

Même si tous les tenants et aboutissants de ces crimes odieux ne sont pas encore connus, leur signification est claire.

L’association Islam et laïcité, profondément attachée aux valeurs de respect de l’autre qui sont au coeur de la laïcité, exprime son indignation face à ces crimes racistes, notamment islamophobes et antisémites, et assure les familles des victimes de sa solidarité.

Le 20 mars 2012

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Non à la discrimination des mères portant un foulard !

Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté une requête en annulation d’une disposition introduite dans le règlement intérieur d’une école de cette ville visant en fait à interdire aux mamans voilées d’accompagner les sorties scolaires des classes de cette école au motif que cette disposition serait la légitime application du principe de laïcité. Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale a « pris acte » avec éclat de cette décision de justice qui pour le moment n’a pas été confirmée en appel, ce qui laisse supposer que le ministère prépare le terrain à une interdiction générale faite aux mamans voilées de participer à l’accompagnement de sorties scolaires, et ceci alors que très peu d’établissements scolaires ont cru bon d’introduire de telles dispositions dans leur règlement.

Mais au-delà de l’aspect juridique, l’implication sociale et morale d’une telle décision et des mesures réglementaires qui pourraient en procéder n’est que trop claire : une maman, au motif qu’elle porte le voile, peut être légitimement tenue à l’écart des activités scolaires concernant ses enfants. C’est la notion même de participation citoyenne à l’activité du service public éducatif, pour ce qui concerne les familles, qui est en cause. Comment une telle dépossession ne serait-elle pas ressentie pour ce qu’elle est : une manifestation discriminatoire, islamophobe dans le cas présent ? Comment les familles et les enfants eux-mêmes ne porteraient-ils pas le poids de cette stigmatisation, qui en outre est préjudiciable au bon fonctionnement des sorties scolaires ? Comment l’objectif de cohésion sociale présenté comme une des finalités de l’institution scolaire serait-il conciliable avec de telles discriminations ? Veut-on creuser encore un peu plus le fossé entre l’école et les familles des milieux populaires ?

La commission Islam et laïcité proteste contre toute tentative de bannissement de certaines mamans au motif de telle ou telle particularité vestimentaire qui ne regarde qu’elles et qui n’est nullement en contradiction avec les exigences légales de l’ordre public. Elle s’élève contre cette volonté de stigmatiser et de désocialiser une partie de la population française Elle espère que les chefs d’établissements, et les conseils d’école, soucieux du bien-être et du respect des enfants et du dialogue avec les familles, resteront fidèles à une conception pluraliste et humaniste de la laïcité qui prenne en compte la diversité qui fait la richesse de la France.

Paris le 28 novembre 2011.

Contact : secretariat@islamlaicite.org

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29 mai 2011

Communiqué
Très soucieuse, depuis sa création, de défendre la laïcité, la Commission  Islam et laïcité attire l’attention
sur les menaces  que font peser sur elle la résolution déposée par l’UMP, qui sera débattue le 31 mai
prochain au Parlement.
Cette résolution voudrait faire avaliser par la représentation nationale les principales propositions du
débat sur l’islam, rebaptisé « débat sur la laïcité », mené par l’UMP au début du printemps, et qui a, à
juste titre, soulevé de nombreuses protestations dans toutes les familles politiques républicaines, y
compris à l’UMP elle-même.
La conception étrange de la laïcité qui y est sous-jacente se marque dès l’abord par la dissociation  faite
entre « laïcité » et « liberté religieuse », alors que la laïcité implique cette liberté, ou plus exactement la
liberté de conscience qui englobe également la liberté d’irréligion. Cette différenciation permet à la
résolution de développer une vision implicite où la laïcité devient synonyme de répression.
L’aspect parfois allusif ou prétendument général de la formulation ne peut tromper personne : c’est une
fois encore « l’islam » qui est visé, même si, par ricochet, d’autres religions et convictions peuvent être
atteintes. En particulier plusieurs dispositions préconisées auraient comme conséquence de jeter le
discrédit sur  une partie de la population française, et d’exclure pratiquement du marché du travail de
nombreuses femmes, à cause du simple port d’un signe religieux. Une telle pratique était, hier, considérée
comme profondément discriminatoire par la HALDE.
D’autre part, considérer comme des « revendications communautariste », tout « aménagement » ou
« accommodement raisonnable » tourne le dos à ce qu’a été la laïcité française pendant plus d’un siècle.
La loi sur l’IVG de 1975, par exemple, ne reconnait-elle pas le droit des soignants à « l’objection de
conscience » ? Loin de créer les conditions du vivre ensemble dans une société pluraliste, comme c’est
l’objectif de la Commission Islam et Laïcité, ces propositions ne feraient qu’attiser les peurs, les
méfiances réciproques et les conflits.
Paris, le 29 mai 2011

Vous pouvez télécharger ce communiqué : Communiqué29:5:11

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Islam et transmission : Comment l’islam vient aux musulmans

 

Colloque de la Commission islam et laïcité des 13 et 14 mai 2011
tenu au CSP Maurice Ravel  75012 Paris.

Chacune des séquences du colloque a donné lieu à un débat avec la salle.

La transmission est la clé de la civilisation. Sans transmission culturelle, au sens le plus large – langues, habitus, arts…- l’espèce humaine n’aurait pas survécu. Pourtant les identités s’effacent sous le rouleau compresseur de la mondialisation qui suscite par réaction des réaffirmations parfois outrancières. La diversité s’efface ou se crispe. Comment transmettre des identités respectueuses de celles d’autrui ? Cette question se pose aussi pour l’islam, au sens religieux comme au sens culturel. Comment se transmet l’islam aux jeunes musulmans d’Europe aujourd’hui ? Comment se l’approprient-ils ?

Vendredi 13 mai

Matinée : Qu’est ce que transmettre ?

9heures 30 : Introduction :  Sonia Dayan-Herzbrun, Présidente de la Commission Islam et Laïcité, Professeure à l’UFR de sciences sociales de l’Université Paris Diderot-Paris 7. Directrice de la Revue Tumultes.

10 heures : Islam et langue arabe : Bakary Sambé, professeur d’arabe, expert auprès de l’Institut d’Études islamiques Aga Khan University (Londres) ; Ahmed Dabbabi, professeur d’arabe, président de l’Observatoire européen de l’enseignement de la langue arabe ; Christian Lochon (Paris)

Après-midi : Tradition et innovation

14 heures : L’influence des pays d’origine Sadek Sellam, écrivain. historien de l’islam contemporain

14 heures30 : Les familles maghrébines   Rabia Bekkar, professeur à l’université Paris X Nanterre.

15 heures 15 : Héritage et refus d’héritage   Le cas de jeunes étudiantes musulmanes en France, Rania Hanafi, université Bordeaux II

15 heures 45 : La musique   Médine Zaouiche, rappeur musulman

Samedi 14 mai

Matinée : De la mosquée à l’Internet

9 heures 30 : La prédication   Tarek Oubrou, théologien

10 heures : La formation des cadres   Table ronde avec Djelloul Seddikki, directeur de l’Institut Ghâzali de la Grande mosquée de Paris, Mohamed Mestiri, président de l’Institut international de la pensée islamique (IIIT).

11 heures 15 : Les groupes à l’assaut d’internet   Claire Talon, Institut d’Études Politiques de Paris

11 heures 45 : Les médias musulmans et les réseaux sociaux   Mohamed Colin directeur de Salamnews et de Saphirnews.com 12 heures 15 : Débat avec le public

Conclusion  : Sonia Dayan-Herzbrun, présidente de la Commission islam & laïcité

+ Enregistrement audio

 

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Femmes en mouvement… Chrétiennes et musulmanes

RÉSUMÉ : Cet article introductif au numéro veut en présenter la logique et le déroulement. Il prend acte de
la mutation majeure de l’évolution du statut des femmes au 20° siècle et de l’éclosion des
mouvements de femmes à référence religieuse au sein de la société, et dans les institutions
religieuses, au sein des univers chrétiens et musulmans. Dans un premier temps, l’article tente
d’approcher la réalité mal connue des mouvements de femmes en monde musulman. Qu’elles se
disent ou non féministes, ces femmes ont en commun de bousculer l’interprétation de leurs textes
qu’elles disent vouloir réinterpréter à nouveaux frais, en mettant à mal les approches traditionnelles.
On comparera leur façon de procéder et les fondements de leur herméneutique à ceux des femmes
chrétiennes engagées dans les même démarches. Par ailleurs ces approches textuelles nouvelles vont
souvent de pair avec des engagements dans la société ou dans les institutions religieuses, où
chrétiennes et musulmanes souhaitent s’inscrire de façon nouvelle. Ici encore des exemples de ces
démarches seront pris, dans des contextes variés d’aires géographiques et de cultures, pour tenter de
percevoir la dynamique commune à ces engagements, à savoir trouver leur statut de femme moderne,
tout en étant fidèles à leurs valeurs religieuses.

Article DuChaffaut2011 (janvier 2011)

 

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Non à la loi sur la laïcité dans les structures privées en charge de la petite enfance

Communiqué d’Islam et Laïcité pour protester contre l’adoption le 17 janvier dernier par le Sénat d’une proposition de loi sur le « respect du principe de laïcité dans les structures privées en charge de la petite  enfance ».

PDF - 47.6 ko

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Les Français musulmans sont-ils discriminés dans leur propre pays ?

Une étude expérimentale sur le marché du travail
réalisée par : Claire Adida, Stanford University
David Laitin, Stanford University
Marie-Anne Valfort, Paris I Panthéon Sorbonne

Ce texte a été publié dans le cadre du programme de professeur invité 2009-2010 organisé en
partenariat par Sciences Po et la French-American Foundation sur le thème « Egalité des
chances ». Ce programme a pour but de faire connaître en France un domaine de recherche
aujourd’hui plus développé aux États-Unis afin d’alimenter le débat public sur les
discriminations et les politiques antidiscriminatoires.

Résumé :
 
Le « Grand débat sur l’identité nationale » coïncide avec une crispation des Français à
l’égard de l’islam. Mais cette crispation a-t-elle pour objet l’ensemble des Français
musulmans ou bien seulement les Français d’origine maghrébine ? Pour formuler des
solutions adaptées, il est essentiel de répondre à cette question. Cependant, les études réalisées
à ce jour ne le permettent pas. Elles consistent en effet à mesurer la discrimination à l’égard
des Français d’origine maghrébine par rapport aux « Français de souche ». Mais que doit-on
conclure lorsque ces études détectent une discrimination à l’égard des Français d’origine
maghrébine ? Qu’ils sont discriminés à raison de leur affiliation supposée à la religion
musulmane, ou parce qu’ils sont originaires du Maghreb ? L’objectif de cette étude est de
lever l’ambiguïté. Nous comparons pour cela l’intégration économique de Français
musulmans et chrétiens originaires du même pays : le Sénégal. Nos résultats mettent au jour
une discrimination considérable à l’égard des musulmans. Un testing sur CV révèle en effet
que ces derniers ont 2,5 fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche que leurs
homologues chrétiens. Une enquête montre par ailleurs que les musulmans ont un revenu
mensuel inférieur de 400 euros en moyenne à celui des chrétiens. Il se peut que cette
différence de revenu s’explique en partie par la discrimination à l’embauche dont souffrent les
musulmans.

Télécharger le document : 2009-10SciencesPo

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Les tribunaux sont de plus en plus saisis de contentieux sur le port du voile

Article paru dans l’édition du 18.04.09 du journal Le Monde

Les plaintes touchent désormais aussi le monde du travail et celui des loisirs

Samia Saïd saura dans une dizaine de jours si elle peut réintégrer le cours d’anglais dont elle a été exclue en mars. Son cas a été examiné jeudi 16 avril par le juge des référés du tribunal administratif de Paris.

Le 5 mars dans la soirée, cette Française de 38 ans, titulaire d’un DEA en droit international, s’est vue refuser l’entrée du lycée public où elle suivait depuis octobre 2008 une formation d’anglais dispensée par le Greta Top Formation, spécialiste de la formation professionnelle pour adultes.

Motif invoqué par le chef d’établissement du lycée d’accueil : le voile islamique, porté par Mme Saïd depuis son inscription à cette session de formation, contrevenait à la « loi sur la laïcité ». Pour l’avocat de la plaignante, il s’agit là d’une « interprétation erronée et d’une tentative d’extension de la loi de mars 2004 sur le port de signes religieux, qui s’applique aux élèves des établissements publics ». Continuez la lecture

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Qu’est-ce qu’une société pluriculturelle ?

Colloque des 16 et 17 janvier 2009
Qu’est-ce qu’une société pluriculturelle ?
Institut du monde arabe
1 rue des Fossés Saint Bernard,  75005 Paris
colloque2009-IMA

Programme2009IMA

Documents audio (à venir)

 

 

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L’intégrisme musulman n’est pas une fatalité

11 octobre 2007

Le radicalisme ne progresse pas en ligne droite depuis les années 1970. Une pacification reste possible.

Au tournant des années 1999-2000, un certain nombre d’ouvrages sont parus qui annonçaient la fin de l’islamisme. En France, l’un des plus marquants est celui de Gilles Kepel : Jihad, expansion et déclin de l’islamisme (Gallimard, 2000). On assiste à ce moment précis à un essoufflement de l’islamisme classique. Cette période s’achève brutalement en 2001 avec l’entrée en scène, à l’échelle mondiale, de l’organisation Al-Qaida. Se met alors en place un mode d’action qui est aujourd’hui le trait distinctif de la contestation islamiste : la violence des attentats-suicides. Les transformations survenues durant les six dernières années ont pu surprendre par leur radicalité et par leur ampleur.

Des années 1920 à la fin des années 1970, l’islamisme était demeuré marginal. Cette période est marquée par l’occidentalisation de la mouvance islamiste puis, à partir des années 1950, par l’influence des idéologies de gauche. L’année 1979 marque la mort de la gauche au Moyen-Orient : se substituant au gauchisme, l’islamisme va devenir le paradigme dominant des conflits qui agitent la région. Il s’agira désormais de faire retour vers le Coran, qui est vu comme la source authentique de toute libération. Guerre d’Afghanistan, guerre Iran-Irak, guerre civile libanaise, guerre civile en Algérie, guerre du Golfe : autant de conflits aux cours desquels l’islamisme gagne ses titres de noblesse révolutionnaire, consacrant le thème de la guerre sainte et glorifiant la figure du martyr. Continuez la lecture

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